‹ Lettres inédites de John Stuart Mill à Auguste ComteChapitre 13 sur 88 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

dans ses lettres, au moins dans les premières, et sa parfaite politesse ne semble rien coûter à sa sincérité. La démarche même de Mill, priant Comte d'entretenir avec lui une correspondance philosophique, serait déjà significative, s'il n'avait alors connu de lui que les deux premiers volumes du Cours de Philosophie positive^ où il n'est question que de spéculation pure. Mais il n'avait pas oublié Topuscule politique de 1822, qui avait provoqué de sa part de si vives objections : il le cite lui-jnême dans sa première lettre. Quelle admiration ne devait donc pas lui avoir inspirée le grand ouvrage de Comte, pour qu'il négligeât, fût-ce même momentanément, les graves difficultés dont il avait connaissance, et pour qu'il se déclarât partisan de la philosophie positive dans ses traits essentiels, en réservant seulement sa liberté de jugement « sur quelques questions secondaires » ! Plus tard, dans ses articles de la Westminster Revieiv et dans ses Mémoires y Mill a essayé de déterminer les idées de sa Logique dont il se croyait redevable à Comte. Telles sont, par exemple, presque toutes ses idées sur la constitution et la méthode de la sociologie, et en particulier sur la distinction de la statique et de la dynamique sociales. Il reconnaît aussi avoir emprunté à Comte quelques points de sa théorie de l'hypothèse et de la logique de l'algèbre. Il a encore adopté la

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