INTRODUCTION XXV
ment inférieures aux hommes par Tintelligence, et supérieures à eux par le sentiment. Dans sa statique sociale, il prend pour démontrée Tinégalité naturelle des sexes.
Or, ces deux problèmes sont d'une importance décisive dans la pensée de Mill. Le second touche, comme il le dit lui-môme, à ses sentiments les plus intimes et les plus chers. Avant même qu'il eût connu M"*^ Taylor, et qu'ils eussent étudié ensemble la question de « l'assujettissement des femmes w, cette grande injustice sociale l'avait frappé, et il en avait fait l'objet de ses réflexions. Quant h la nature et à la méthode de la psychologie, ce problème n'occupe pas seulement le centre même de la philosophie de Mill ; il se trouve, en outre, étroitement lié au précédent. Cette relation n'est peut-être pas évidente d'abord. KUe est réelle cependant, et elle contribue à « illustrer » l'enchaînement des idées philosophiques de Mill.
Il avait été élevé, et, selon sa propre expression, il était pour ainsi dire né dans le « bcnthamisme ». Parvenu à l'âge d'homme, il sut se dégager assez de cette philosophie pour en apercevoir les bornes et les défauts. Mais il ne s'en est jamais tout à fait séparé. H a voulu l'élargir et la compléter, non pas l'abandonner, encore moins la combattre. Or, on sait que Bentham s'était inspiré, pour une