INTRODUCTION XXIX
pour « innée », c'est-à-dire pour naturelle et invariable, et s'en tenir \h. 11 ne devrait s'arrêter à cette conclusion qu'après avoir tenté tous les autres moyens d'explication possibles. Car cette inégalité ne peut-elle pas être secondaire et acquise? Ne peut-elle pas être un résultat des conditions où les femmes vivent de temps immémorial? Qui sait si elle ne disparaîtrait pas peu à peu, comme elle a pu se former, au cas où ces conditions viendraient à changer ?
Dans ce cas donc, comme dans tout autre, la bonne méthode psychologique veut que l'on ne fasse pas appel à Tinnéité d'abord^ mais que l'on recherche la genèse de ce qui, à première vue, pourrait sembler inné. C'est le principe même de l'associationisme, dont Mill estime très haut la valeur scientifique, et qui lui paraît être la vraie (c science positive de l'esprit ».
Comte, qui est si fort opposé, en principe, à la psychologie allemande, se joint à elle pour rejeter la méthode d'analyse psychologique du xviii*^ siècle. Il a tort, et cette erreur, qui est grave, selon Mill, en entraîne d'autres qui ne le sont pas moins. Elle empêche Comte, en particulier, de voir juste dans la question de l'inégalité des sexes. Il s'obstine à poser les différences organiques d'abord^ et il croit expliquer ensuite les autres par celleslà. Mauvaise .méthode. Il devrait commencer par