‹ Lettres inédites de John Stuart Mill à Auguste ComteChapitre 21 sur 88 · XXX LETTRES INÉDITES DE J. S. MILL · texte numérisé non relu

XXX LETTRES INÉDITES DE J. S. MILL

tenir compte de tous les facteurs psychologiques et sociaux qui, en supposant une nature mentale identique chez l'homme et chez la femme, ont pu, chez celle-ci, favoriser ou arrêter le développement de telle ou telle faculté. Alors, mais alors seulement, il auraîtle droit d'attribuerà une différence constitutionnelle innée le reste des différences mentales entre Thomnie et la femme, s'il y avait un reste. « La plupart de ceux, dit Mill, qui spéculent sur la nature humaine aiment mieux prendre dogmatiquement pour accorda que les différences mentales observées entre les êtres humains sont des faits ultimes, non susceptibles d'être expliqués ou modifiés, plutôt que de prend rc la peine de se mettre en état de rapporter ces différences aux causes extérievires par lesquelles elles sont produites, pour la plupart, et dont la disparition les ferait disparaître aussi (i). »

Ce n'est donc pas, comme Comte le pense, faute de connaissances biologiques assez étendues, ou parce que les localisations cérébrales de la physiologie phrénologique lui paraissent mal établies, que Mill se refuse à adopter les vues de Comte sur la psychologie. Les raisons de sa résistance sont plus profondes. Elles tiennent aux racines mêmes de sa philosophie théorique etpra-

(j)J. S. Mill, Si/s(em of Loijic, Liv. IV, chap. iv, t. Il, p. 43o. Ci. The Subjeclion of Women, 1869, p. laa-S.

Page 1