‹ Lettres inédites de John Stuart Mill à Auguste ComteChapitre 22 sur 88 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

tique. Non seulement sa psychologie et sa logique, mais ses plus chères convictions morales et sociales étaient intéressées dans cette question de méthode.

Que la rupture entre Mill et Comte se soit produite précisément sur ce point là, nous ne saurions en être surpris. Comte, en faisant sienne la conception psychologique de Gall, confirme la condamnation qu'il a portée contre la « métaphysique » du XVIII® siècle, dont il fait très peu de cas. Il la juge presque aussi sévèrement que le faisait de Maistre. Mill, au contraire, sans méconnaître que la philosophie du xviii® siècle a des points faibles, y reste foncièrement attaché. Il comprend mal que Comte appelle indistinctement du nom de « métaphysique » l'analyse psychologique de Condillac et l'ontologie des Allemands. Pour lui, il demeure disciple de Bentham et même d'IIelvétius. Il garde sa foi dans le pouvoir presque illimité de l'éducation. Il fait très petite la part des forces obscures, dé Tinnéilé, de l'hérédité, et des autres fatalités naturelles que la philosophie réactionnaire et romantique s'était plu à exagérer au commencement de notre siècle. " De toutes les manières vulgaires d'éluder la •considération de l'effet des influences sociales et morales sur l'esprit humain, la plus vulgaire est d'attribuer les difl'érences de conduite et de carac-

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