INTRODUCTION XXXVII
xix^ siècle, il n'y a peut-être pas d'épisode plus instructif que le rapprochement et la séparation de ces deux philosophes. Un même zèle les animait pour « la grande cause humaine ». Mais, très différents au fond d'esprit et de tendances, il ne pouvaient s'accorder vraiment ni sur les principes dç la doctrine sociale, ni même sur ceux de la méthode.
Les lettres d'Auguste Comte à J. S. Mill ont été publiées en 1877, chez Leroux, par les soins de la Société positiviste. Celles de Mill à Auguste Comte devaient faire partie du même volume. Mais ce projet fut abandonné, et les lettres de Comte parurent seules. Nous publions aujourd'hui la correspondance des deux philosophes dans sa totalité. Les lettres se suivent dans l'ordre où elles ont été écrites.
Le texte des lettres de Mill est celui d'une copie conservée au siège de la Société positiviste, copie qui paraît avoir toute la valeur de l'original. D'une part, en effet, M. Pierre Laffitte, qui a fait faire cette copie par M"*® Morisson, en garantit la parfaite exactitude. D'autre part, miss Taylor, belle-fille et héritière de J. S. Mill, a vu en épreuves toutes les lettres de son beau-père, et n'a pas exprimé le moindre doute sur leur authenticité et leur intégrité. Chacun pourra d'ailleurs se convaincre, en les lisant avec celles de Comte, qu'il n'y a aucune raison de croire le texte altéré en quelque endroit que ce soit, et qu'il y en a