INTRODUCTION III
Mill y répondait. Mais il ne semble pas qu'il ait connu le texte même des lettres de Mill, exception faite pour celles qui ont trait à la question des femmes, dont Mill avait gardé copie.
Toutefois, M. Bain a pu dire avec raison que, dans cette correspondance, Mill fut unasnally open. Naturellement réservé, et peu enclin à parler de lui-même, de sa santé, de ses affaires, de ses projets, Mill n'hésite pas à s'ouvrir à Comte comme à un vieil ami. Cette dérogation à des habitudes constantes dut paraître fort surprenante à son entourage, s'il l'a connue. Elle ne s'explique que par « l'enthousiasme » où la lecture des premiers volumes du Cours de Philosophie positive avait jeté Mill. Sa première lettre ne laisse aucun doute sur ce point. Sans être connu de Comte, sans recourir même, comme il pouvait le faire, aux bons offices de Marrast, leur ami commun, il s'adresse à lui directement, pour lui exprimer son admiration. Il lui propose un commerce d'idées philosophiques. Il lui parle « comme à son frère aîné en philosophie, pour ne pas dire plus ». Dans toute la première partie de cette correspondance, il garde un ton de déférence affectueuse, et presque d' (( humilité », pour employer l'expression frappante dont se sert M. Froude à propos des lettres de Mill à Carlyle. Il s'y mêle aussi, il est vrai, une détermination bien arrêtée de ne pas