X LETTRES INÉDITES DE J. S. MILL
Vaux, avant de iui exprimer sa sympathie. Puis une lettre de Comte, de septembre 1846, resta sans réponse jusqu'au mois de mai 1847- '' semble qu'alors, pris d'une sorte de tardif regret, Mill n'ait pas voulu porter la responsabilité du silence définitif. II envoya à Comte une lettre d'un très bel accent, où il lui parlait de l'Irlande, qui occupait alors toute sa pensée. Cette fois, ce fut Comte qui ne répondit pas.
Les relations ainsi rompues ne devaient pas se renouer. Malgré les explications très nettes de Mill, établissant que jamais la doctrine positive n'avait été acceptée rfans son e/i/i'er ni parlui-mème, ni par ses amis, Comte resta persuadé qu'il avait été abandonné, sans raison valable, par ses premiers disciples anglais. Il porta désormais sur eux des jugements d'une sévérité injuste. Mill, de son côté, avait fait, en plusieurs endroits de sa Logique, des éloges enthousiastes de Comte. Il les atténua sensiblement dans la troisième édition de son livre, et dans les suivantes. Les termes qu'il emploie dans ses Mémoires pour caractériser le o régime positit )> de Comte sont d'une extrême vivacité. Dans les deux articles de la Wesiminsler Ileview qui parurent en 1864, il s'était déjà montré très animé contre cette partie de la doctrine de Comte, et, pour le reste, il s'en était tenu à une stricte impartialité. » Auguste