DL PRINCE DE VAUDEMONT
une assurance du gouvernement du château de îlilan lorsqu'il vaquera par la mort de don Fernando Balvès, qui paroît très-voisine , tant par son grand âge que par sa mauvaise santé, l'on pourroit remplir la place de maistre de camp général d'un meilleur sujet. De tous ceux que je connois tant en Flandre qu'ailleurs, je serois bien embarrassé d'en choisir un bon ; mais je ne sais si le moins mauvais ne seroit pas le duc de Pepoli, qui est à Madrid et qui aura l'honneur d'être connu de vous Je l'ay vu servir, en Flandre, de colonel et de major; il a de l'esprit, du jugement et de la valeur; il est vrai qu'il est napolitain, mais il est sujet du roi, et il me paroît qu'on ne doit pas avoir tant d'égard, dans la conjoncture présente, aux nations qu'à la qualité des sujets et au bien du service. Le second est le premier général de l'artillerie, comte de Las Torres, le plus inquiet et le plus incapable homme qu'on puisse simagiuer; il a de la valeur, à ce qu'on dit, mais il n'a que cela et n'est point traitable ; il croit devoir être ennemi de la nation française, parce qu'il a servi l'empereur en Hongrie pendant plusieurs années et qu'il a été général de bataille dans ses armées; il tient même des discours là-dessus, peu propres dans la conjoncture présente et surtout dans un homme de son emploi. Je ne puis m'en servir en rien à cause de son humeur et de ses répliques continuelles : il a fallu que M. de Croy, que vous connaissez, règle toutes choses avec les lieutenants-généraux de l'artillerie à l'insu de ce général ; sans quoi jamais on ne seroit venu à bout de rien. Le cardinal Porto-Carrero le protège , mais pas assez , à ce qui m'a paru , pour ne pas mieux aimer l'accommoder ailleurs que de le laisser ici dans une conjoncture comme celle-ci, où un autre, plus facile que lui, convient pour le bien du service. Cet autre pourroit être Colinero qui en a le gage et qui ser'/iroit bien dilTéremment et avec beaucoup plus d'utilité; :il me
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LETTUI-S INÉDlTtS
paroît que les raisons d'avoir servi Terapereur , d'être son général et d'avoir quelque répugnance à servir contre lui pourroient être suffisantes. pour induire le cardinal à nous défaire de cet homme, comme aussi l'épargne d'une solde. Je vous rends compte de tout ceci par un juste intérêt du bien du service ; me remettant au surplus à ce que vous trouverez bon de faire. Je vous écris tout ceci de ma main pour que personne , hors de vous, Monsieur, n'en ait connaissance. J'en ferai de même, si vous le trouvez bon, dans toutes les choses que je croirai devoir rester entre nous. Usez-en de même, je vous en supplie, et faites-moi l'honneur, Monsieur, de m'écrire très-sincèrement. Votre trèshumble et très-obéissant serviteur.
Ch.-Henry de Lorrainb.
Lettre du comte de Tessé au roi d'Espagne ,
Philippe IT.
A Milan, ce & janvier 1701.
SiRB,
Le Roi , votre grand-père , m'a fait l'honneur de jeter les yeux sur moi pour venir commander sous l'autorité de M. le prince de Vaudemont , gouverneur général de V. M. dans cet Etat , le corps de troupes auxiliaires que Vos Majestés ont jugé à propos d'y envoyer, et je m'enhardis à l'honneur que j'ai de vous en rendre compte par l'exemple du Roi, mou maître, qui veut que ceux qui reçoivent et donnent ses ordres s'adressent à lui-même pour l'eu informer. Je ne saurois assez dire à Votre Majesté combien il a été prudent à Vos Majestés de prendre ce parti , absolument nécessaire au service de V. M , ni combien M. le prince de Vaudemont s'est conduit avec fermeté et fidélité