LES CENT-JOURS
Paris, 28 mars 1815.
Vous devez avoir èéîà donné Tordre an maréchal Saint-Cyr de venir à Paris. Réitérez-lui e«t ordre. Écrivez sur-le-champ au général Pajol que ses arrêts sont levés. Faites connaître à tous les corps que le maréchal Saint-Cyr est déchu Ai son commandement et que le général Pajol le remplace. Vous trouvariaz des officiers de ces diffé-» rents corps; il doit y en avoir à Paris; donnez des ordres pour qu'ils rejoignent leurs régiments. Ordonnez an général Pajol de destituer tous les colonels qui se seront mal comportés. Écrivez au ministre de la police, pour qu'il envoie des agents avec des proclamations et votre ordre, pour faire reconnaître le général Pajol. Écrivez au maréchal Saint-Cyr que, s'il ne se rend pas à Paris, il sera déclaré traître à la patrie. Envoyez chercher Mme Saint-Cyr pour lui faire connaître mes intentions à l'égard de son mari, qui a fait filer des troupes sur la Vendée ; qu'il est traître à sa patrie, et que ses biens seront confisqués, s'il ne revient pas.
Paris, 26 mari 1815.
J'ai ordonné au grand écuyer de mettre à votre disposition quarante chevaux d'attelage, et, s'il est possible, quelques voitures; cela montera votre écurie. Vous devez en général mettre votre maison sur un pied modeste. Vu la situation des finances, je ne
(1) AFiv 907.
(2) Ibid.
9fk LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON V. — 1815.
pense pat pouvoir voas accorder plus d^un million pour le reste de Tannée. Bien entendu que, pour Tannée prochaine, Tapanage viendra définitivement à 2 millions.
11 n*y a pas d'inconvénient k ce que vous habitiez le palais de TÉIfsée pendant quelques mois; mais, comme dans Tété le séjour des Tuileries est insupportable, il serait possible que j*en eusse besoin. Voyez si la maison que j*ai achetée de Talleyrand peut vous convenir. La duchesse de Bourbon y est en ce moment ; mais vous pouvez TOUS en faire remettre les plans ; et cette princesse va se rendre dans un château sur la Loire. Vous pouvez voir aussi la maison qu*occupait le prince de Condé prés le Corps législatif.
On me dit que la duchesse d'Angouléme et les princes avaient acheté des maisons. Si cela est, vous pouvez choisir. Je ne sais pas s*il vous reste des meubles ; mais je vous donnerai de mon gardemeuble une portion de mobilier pour vous meubler.
11 y a aussi le Palais-Royal.
En résumé, je désire que vous ne fassiez pas de dépense en chevauxy en meubles, ni en bâtiments, pour cette année.