‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 50 sur 280 · A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE · texte numérisé non relu

A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE

MINISTRE DES REMTIONS KXTéRIBURES (1).

Saint-Cloud. 30 juin 1810.

Je viens d'arrêter le compte de vos dépenses secrètes pour 1809.

Pour 1810, il faudra porter la pension du sieur Buchot, exministre, sur les dépenses ostensibles à la charge du Trésor public.

La gratification annuelle aux bureaux doit être également portée pour 1810 au compte ostensible, articles des dépenses diverses, et ne doit pas faire partie des dépenses secrètes.

M. Codrika doit être employé en Illyrie; il ne faudra donc plus le payer.

Vous cesserez aussi de payer la pension du sieur Sensi, qui sera employé dans les départements romains, et à cet effet vous écrirez à la consulte pour qu'il soit placé.

Vous me ferez sur le sieur Manfredi un rapport qui me fasse

(1) AFiv 884.

connaître ses titres à la pension que vous lui payez, et ce qu'on pourrait faire pour la remplacer.

V Argus ne me rend pas un service proportionnel à ce qu'il me coûte. Faites-moi un rapport pour supprimer cette dépense.

Avec les fonds que ces économies rendront disponibles, je désire que vous montiez un service secret de quelque étendue; que vous affectiez, par exemple, 120 ou 150,000 francs à quelques missions secrètes en Bohême, en Autriche et en Russie, pour savoir ce qui se passe et surtout être bien informé des mouvements militaires de ces puissances. Il faudrait pour cela faire choix de deux ou trois hommes, militaires, sur l'attachement desquels on pût compter, qui voyageraient sous prétexte de curiosité, ou comme artistes, et profiteraient de mes courriers, sans jamais écrire par la poste, pour rendre compte de tout ce qui parviendrait à leur connaissance. Ils auraient un chiffre.

Je désirerais aussi que, sous prétexte de sciences et de médecine, on envoyât un agent en Syrie et en Egypte. Cet agent écrirait par mes consuls et profiterait des retours des bâtiments français pour nous faire bien connaître la situation des choses de ce côté.

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