‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 263 sur 493 · A M. FOUCHÉ · texte numérisé non relu

A M. FOUCHÉ

Bayonne, 17 juin 1808.

Je reçois votre lettre du 13 juin. Les interrogatoires de Jacquemont et de Florcnt-Guyot m'ont fort surpris. Je suis loin de n'y voir comme vous rien de nouveau : j'y vois évidemment un complot, dont l'un et l'autre sont. Quelle est la société que fréquentent ces individus? Benjamin Constant doit être là dedans. Cette canaille sera-t-elle toujours protégée à Paris?

Dans vos derniers numéros, vous me parliez encore de divorce. Ce sont ces conversations qui alarment l'opinion et font naître le trouble dans le pays le plus tranquille du monde. Si chacun donnait l'exemple de faire son devoir et ne faisait que cela, beaucoup de choses n'arriveraient pas.

Je ne soupçonne pas Garât ; mais c'est une tête si faible, et qui est mise à de si rudes épreuves dans les conversations que vous avez ensemble, qu'il ne serait pas étonnant qu'il se lançât dans de fausses démarches et qu'il Gnit par se trouver compromis.

Je sais gré au préfet de police de suivre vivement cette affaire. Vous me direz que tout cela n'est pas dangereux. Sans doute; mais dois-je donc m'attendre à ce que les personnes pour lesquelles j'ai témoigné le plus d'égards, soient les premières à ébranler la fidélité

(1) La suite de cette lettre a été publiée dans la Correspondance, sous le n° 14110.

(2) AFiv 87T.

m LfcîTRES INÉDITES DE NAPOLÉON K — 1808.

que me doit la nation? Quels qu'ils soient, ils n'y réussiront pas, et ils n'entraîneront que leur ftiine.

Au reste, quand il sera prouvé qu'ils sont coupables, je ne veux (exercer d'autre vengeance que celle de les faire connaître à la nation pour les marquer du sceau d'un éternel opprobre. On ne peut paà regarder comme des Conversations philosophiques ces conversations avec des hommes tarés et aussi peu philosophes que Malet, Guillet et autres généraux, tous geriô d'exécution. Ce n'est plus dé l'idéologie, mais une véritable conspiration.

Où est et que fait La Fayette?

Je ne reçois pas de bulletins de police. C'est d'une négligence inexcusable. Vous ne me parles pas d'un rassemblement de 30 individus armés, qui, dans le département de Maine-et-Loire, ont attaqué une caserne de gendarmerie et ont fait là une fusillade d'une heure. Comme affaire de police, cette affaire est pourtant d'une assez grande importance.

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