AU GENERAL CAULAINCOURT
Valladolid, 7 janvier 1809.
Je reçois votre lettre du 8 décembre. Les bulletins se sont succédé avec rapidité. Les nouvelles de Constantinople, les nouvelles d'Autriche et aussi le besoin de me rapprocher de France m'ont rappelé au centre; car il y a d'ici à Lugo 100 lieues, ce qui en ferait 200 pour le retour des estafettes. J'ai laissé le duc de Dalmatie avec 30,000 hommes pour suivre la retraite des Anglais; le maréchal Ncy est en seconde ligne sur les montagnes qui séparent la Galice du royaume de Léon. Le duc de Dalmatie doit être à. Lugo. Il est probable que, lorsque vous recevrez cette lettre, je sois de retour à Paris. Dites à l'empereur qu'en Italie et en Dalmatie j'ai 150,000 hommes à opposer à l'Autriche, non compris l'armée de Naples; que j'ai 150,000 hommes sur le Rhin, et, en outre,
(i) Comte Vanoal, Napoléon et Alexandre, t. III.
LETTRES INÉP1TES DE XAPÛLÉON I«. — 18Q9. Z&
100,000 hommes de la Confédération; qu'enfin, au premier signal, je puis entrer avec 400,000 hommes en Autriche; que ma garde est aujourd'hui à Valladolid, où je la laisse reposer huit jours, et que je la dirigerai ensuite sur Rayonne ; que je suis prêt à me porter sur l'Autriche, si cette puissance ne change pas de conduite, et que si ce n'eût pas été pour ne rien faire de contraire à notre alliance, déjà je me serais mis en guerre avec cette puissance; car les affaires d'Espagne, qui m'occupent 200,000 hommes, ne m'empêchent pas de me croire deux fois plus fort que l'Autriche, quand je suis sûr de la Russie ; que le seul mal que je voie, c'est que cela coûte beaucoup d'argent; que je viens de lever encore 80,000 hommes; que je désire que nous prenions enfin le ton convenable avec l'Autriche. Je l'ai proposé à Erfurt. Autrement nous ne pourrons terminer rien de bon sur les affaires de Turquie. Nous aurions peut-être eu la paix, sans les espérances que les Anglais on| fondées sur les dispositions de l'Autriche.
Quant aux deux vaisseaux russes à Toulon, il n'y a pas de doute qu'ils seront p^yés. Je viens encore d'écrire à ce sujet.
Vous pouvez assurer qu'il n'y a plus d'armée espagnole. Si tout le pays n'est pas entièrement soumis, c'est qu'il y a beaucoup de boue, et qu'il faut beaucoup de temps; mais tout se termine.