AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON
VICK-ROI D' ITALIE (2).
Schônbrnnn, 5 juin 1809, à dix heures du toir.
Il faut faire punir les principaux auteurs de l'attentat de Mûhlhof, et, en cas qu'on refuse de vous les livrer, faire brûler le village.
Il est tout simple que le général Lariboisière ait écrit pour demander des munitions ; mais nous n'en sommes pas à ce point de pénurie. Nos pièces ont 450 coups à tirer, et les vôtres n'en ont que 60.
Vous demandez quelle conduite vous devez tenir envers le pays ; elle est simple : celle d'ami ou d'ennemi. Ou le comitat s'insurge, rappelle sa noblesse et s'abstient de toute hostilité contre moi ; ou il est ennemi. S'il est ennemi, il faut le traiter comme tel, mais en le ménageant. Voilà la manière de traiter le pays. Qu'ils déclarent donc que l'insurrection qui a été levée était pour se défendre,
(1) AFiv 880. — Mémoires du prince Eugène, t. V, p. 316.
(2) Ibid. — Ibid., t. V, p. 326.
mais non pour me faire la guerre, que la diète qui a été tenue est nulle et qu'ils en demandent une nouvelle.
OEdenbourg est une ville'de 12,000 habitants. Si vous ne vous procurez pas là des vivres et tout ce dont vous avez besoin, c'est que vous ne savez pas prendre des mesures vigoureuses.
Quant aux gardes nationales, faites prendre des otages, et faites quelques exemples, s'ils se comportent mal. Maintenez la discipline parmi vos troupes, et faites fusiller quelques pillards ; car le désordre ne sert à rien. Faites construire des fours.
Je me suis rendu ici pour passer la revue de ma garde, qui est superbe. Elle a 60 pièces de canon, 4,000 hommes de cavalerie, et 12,000 hommes de la meilleure infanterie de l'Europe.
P. -S. — Réunissez tout votre corps à OEdenbourg, afin que, si, comme on le dit, l'ennemi est entre Raab et Kermend, vous puissiez l'empêcher de se porter sur Presbourg, devant lequel est le duc d'Auerstœdt.
Je vous envoie, pour commander le 6* et le 9* de chasseurs, le général de brigade Girard, qui est un excellent officier de cavalerie légère.