‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 443 sur 493 · GRANDS-DUGHBSSR DR TOSCAN · texte numérisé non relu

GRANDS-DUGHBSSR DR TOSCAN

Scbtabrana, 17 «oêt 1809.

J'ai reçu votre lettre. Voua avez le droit d'en appeler à moi des décisions de mes ministres; mais vous n'avez pas le droit d'en arrêter en aucune manière l'exécution . Les ministres parlent en mon nom; personne n'a le droit de paralyser, d'arrêter l'exécution des ordres qu'ils transmettent. Veuillez donc remettre en exécution la décision du ministre et rapporter la défense que vous avez faite ; car l'ordre que vous avez donné dans cette circonstance est criminel et, en véritable législation, donnerait lieu à accusation contre vous. Il n'y a pas en France d'autorité supérieure à celle d'un ministre. Je ne veux donc pas entrer dans le fond de la question, puisque, quand même mon ministre aurait tort, moi seul en suis juge, et que vous n'aviez pas le droit de mettre aucun obstacle à son action. Par cette seule raison, j'approuve la décision du ministre. Quant au ton de sa lettre, je le trouve convenable, et mes ministres prendront toujours le même , parce que tous connaissent mes intentions à cet égard, et que je ne leur permettrais pas la moindre condescendance. Ne vous exposez donc pas à ces querelles et à de pareils désagréments. Vous êtes sujette, et, comme tous les Français, vous êtes obligée d'obéir aux ordres des ministres ; car un mandat de prise de corps décerné par le ministre de la police vous ferait très bien arrêter, non seulement vous, mais le premier prince du sang. Et que deviendrait donc l'État, si un officier de police, qui serait chargé d'exécuter ce mandat, croyait que l'ordre ou la décision du ministre peut être arrêtée par une décision quelconque, autre qu'une loi ou qu'un décret impérial? Si le conseil de liquidation a adhéré a votre ordre et n'a pas exécuté celui du ministre, il est très coupable.

(i) AFiv 8S1,

Schônbmnn, 17 août 1809.

Vous trouverez ci-joint une lettre du sieur Hédouville, qui vous fera voir l'imbécillité des journaux , et en particulier du Journal de l'Empire, qui copient les bulletins que font circuler les agents des Anglais, qui en ont dans les principales villes de commerce. Il serait bien important que vous vous occupassiez de cet objet. Si un rédacteur ne suffit pas, il faut en nommer deux ou trois pour lire les dépêches et en extraire tout ce qui ne serait pas bon à imprimer. Quoique nous soyons bien avec la Russie, les Anglais veulent que nous soyons mal, et ils font tant, qu'ils l'accréditent malgré l'évidence des faits. Il y a dans les bureaux d'un ministre, à Londres, un commis qui écrit à une douzaine d'agents répandus dans les principales villes de commerce , et ceux-ci correspondent avec nos journaux. Il est honteux que, depuis le temps que cette manœuvre est dévoilée, ils en soient encore dupes. Déclarez-leur positivement que le premier qui sera dupe de ces bruits et imprimera de mauvais articles, je supprimerai sa gazette.

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