‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 18 sur 60 · LETTRE XIII · texte numérisé non relu

LETTRE XIII

Cblmar , 7 novembre 1754*

, QuUi-jE été chercher à Colmâr ? Je suis malade, mourant, ne pouvant ni sortît* de ma chambre , ni la soufirir 3 incapable de société, accablé, et n'ayant pour toute ressource que la résignation à la destinée. Que ne suis-^je auprès des deux saintes de l'ile Jard? Je remercie bien madame de Brumath de l'honneur de son souvenir, et du châtelet, et delà coihédie de Marseille, et de la liberté grecque de cet échevin héroïque , qui a la tcte assez forte pour se souvenir qu'on était libre il y a environ deux mille cinq cents ans. Oh ! le bon tems que c'était ! Pour moi, je ne connais de bon ten^s que celui oii on se porte bien. Je n'en peux plus. O fond de la boîte de Pandore ! ô espérance 1 où êtes-vous? M. et M.""* de

(*) Imprimée dans Fédition de Kell.

DE rOLTAlUE» 5l

Klinglîn me témoignent des bontés qui augmentent ma sensibilité pour l'état de mon*» sieur leur fils. Il n'j a que; lu piscine de Siloé qui puisse le guérir. Il sied bien après cela à d'autres de se plaindre I C'est auprès ^ lui qu'il faut apprendre à soufirir sans mur^ murer. Ah ! Mesdames , Mesdames , qu'estce que la yie ! Quel songe et quel jfiuieste songe I Je vous présente les plus tristes et ' les plus tendres respects»

Voilà une lettre bien gaie.

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