‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 52 sur 60 · LETTRE LUI · texte numérisé non relu

LETTRE LUI

Votre santé m'înquiète beaucoup, Ma-dame. Mais si vous avez le bonheur d'avoir encore auprès de vous monsieur votre fils, j'attends tout de ses soins. Ce qu'on aime fait bien porter. Je prends mes mesures autant que je peux pour avoir encore la consolation de passer quelques journées auprès de vous.

Mais je suis devenu un si grand laboureur , un si fier maçon , que je ne sais plus quand mes bœufs et mes ouvriers pourront se passer de moi. Nous laisserons , vous et moi , Madame , ce monde-ci aussi sot , aussi méchant que nous l'avons trouvé en y arrivant.

On dit qu'il se forme de petits orages à la Cour -qui pourront bien retomber sur la tête d'une personne que vous aimez , et à laquelle je suis attaché. Rien ne vous surprendra. Votre machine a donc pris une plume et de l'encre ! Il y a long-tems que je suis persuadé que nous ne sommes que de pauvres machines. Mais quand je vous écris ,

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c'est mon cœur qui prend la plume. Je m'in-»

téresse à vQtre santé avec la plus vive tendresse I et j'espère vous faire ma cour dana votre jardin , cet été.

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