‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 53 sur 60 · LETTRE LIV · texte numérisé non relu

LETTRE LIV

Au ch&teau de Ferney , pzys de Gcz par Genève, i3 janvier 1761.^

Pabdon , Madame » pardon ; j'ai eu des jésuites à chasser d'un biea qVils avaient usurpé sur des gentilshommes de mon voi-< sinage. J'ai eu uu curé à faire condamner.

Ces bonnes œuvres ont pris mon tems. On paye les rentes ; on éteint quelques dettes.

Il y a de l'ordre , malgré toutes nos énormes sottises. J'ai peine à croire qu'on ôte le commandement à M. le maréchal de Broglie.

11 me -semble qu'il s'est très-bien conduit en conservant Goèttingue.

Avez-vous , Madame , M. le comte de Lutzelbourg auprès de vous ! Comment vous trouvez-vous du vent du nord ? C'est , je crois, votre seul ennemi. Songez , Madame , que l'hiver de la vie qui est si dur , si désagréable pour tant de personnes , et auquel même il est si rare d'arriver , est pour vous une saison qui

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a encore des fleurs: Vous avez la santé du corps et de Tesprit. Il est vrai que vous écri-r vez comme un chat. Mais dans vos plus beaux jours , vous n'eûtes jamais une plus belle ' main. Voyez-vous quelquefois M. de Lucé ?

Seriez-vous assez bonne , Madame , pour me rappeler à son souvenir?

Madame la marquise est donc impitoyable , ou vous ? Je n'aurai donc pas copie de son portrait !

Vivez heureuse et long-tems , Madame 3 nous vous souhaitons , ma nièce et moi , ces deux petites bagatelles de tout notre cœur.

Mille respects.

bE VOLTAIRE* IO7

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