‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 59 sur 60 · LETTRE LXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXIII

Fcrney , 6 auguste 17^4*

V OU S êtes plus jeune que moi , Madame ^ puisque vous faites des voyages ; et moi , si j'en faisais , ce . ne serait que pour venir vous voir. Vous avez de la santé , et vous la méritez par une sobriété constante et par une vie uniforme. Je ne suis pas si sage que vous^ aussi j'en suis bien puni. Je regrette comme , vous madame de Pompadour , et je suis bien sûr quelle ne sera jamais remplacée. Elle aimait à rendre service , et était en état d'en rendre ^ mais mon intérêt n'entre pour rien dans les regrets que je donne à sa perte :

ayant renoncé à tout , n'ayant rien à demander , je n'écoute que mon cœur , et je pleure votre amie sans' aucun retour sur moi-même.

Si vous êtes à Colmar, Madame, je vous prie

(*) D'une main étrangère.

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de flaire souvenir de moi monsieur le premier* Président votre frère . Je serai peut-être obligé , malgré ma mauvaise santé et ma faiblesse , de faire un tour dans votre Alsace pour quelques arrangemens que j'ai à prendre avec M. le duc de Wirtemberg ; mais alors il ne sera que le prétexte , et vous serez la véritable raison de mon voyage. Vous ne sauriças croire quel plaisir j'aurais à m'entretenir avec vous 5 BOUS parlerions du moins du passé pour nous consoler du présent. C'est la ressource des anciens amis. Regardons Favenîr en philosophes , jouissons avec tranquillité du peu de tems cpri nous reste. Puis«é-je venir philosopher avec vous au Jard ! je ne vous y dirais jamais assez combien je vous suis attaché ', je croirais renaître en vous feisant ma cour. Je maudis mille fois réloigpement des Alpes au Rhin. Adieu , Madame , portefz-vous bien , et conservez-moi des bontés qui font la consolation de ma vie.

Y. ( De la jnain de Voltaire. )

Fin des Lettres de Voltaire à madame la comtesse de Lutzelhourg.

B& VOLTAIRE. ia5

De Voltaire à M. V\abbé Pemettu

TerojQyj ai septembre I76i«

Vous devriez , mon cher abbé ,' venir avec

le sculpteur , et bénir mon église. Je serais*

charmé de servir votre messe , quoique jç ne

puisse plus dire : Qui lœtificat juuentutem

.meam.

Je doute qu'il y ait un programme pour l'édition de Corneille. Cet étalage est peutêtre inutile ^ puisqu'on ne reçoit point d'argent , et qu'on ne fait point de conditions. Les frères Cramers donneront pour deux louis d'or 12 , i3 ou 14 volumes in-8°.

avec des estampes. Ceux qui voudront retenir des exemplaires , et avoir pour deux louis un ouvrage qui devrait en coûter quatre , n'ont qu'à retenir chez les Cramers les exemplaires qu'ils voudront avoir , ou chez les

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libraires correspondans des Cramers , ojU s'adresser à mes amis qui m'enverront leurs noms j et tout sera dit« Tout n'est pas dit pour vous y mon cher confrère ; car j'ai toujours à vous répéter que je vous aime de tout mon cœur»

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