‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 6 sur 60 · X DISCOURS · texte numérisé non relu

X DISCOURS

tive à tout ce qui peut trahir les secrets hoBteux d'un homme célèbre y ne pourra point y noter ces exprès* sions où la basse jalousie se déguise inal sous les couleurs de la haine. De la jalousie dans Voltaire ! hélas î on voudrait «n vain se le dissimuler ; et bien qu'on lui ait appliqué ce vers fameux :

Dé qui dans ftJnivers peut-il être jaloux ?

jll est certain que la grossièreté souvent atroce dont plusieurs de ses écrits y dont surtout sa correspondance est infectée , décèlent plus d'une fois autre chose que des mouvemens de rancune littéraire y et les douleurs de la vanité blessée par des avis ou ,des <xitiques.

Jean- Jacques n'écrivait pas des feuilles malignes comme Fréron; il ne cherchait point à relever des erreurs historiques conuaae le savant M. Larcher ; mais l'auteiir de Julie et

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d'Emile se montrait animé de seatir mens religieux; sa plume en était quelquefois toute trempée j et le bel esprit philosophie re^^onnut peut* être , par uiî retour involout^re sur lui-même ^ que Rousseau piusait à une meilleure source de goût et d'immoi> talité. <^uels sont en effet ^ parmi les grands écrivains , ceux donï les espé^ rances de gloire sont le moins déçuies?

LW, courtisan assidu de l)9atè grandeur qui vient à paraître^ ne crai&t pas d'associer Téclat de son génie à l'éclat de chaque nouveau météore ; l'autre^ flatteur des passions qui amollissent l'ame ^ avant de dire un adieu étemel aux idoles qui depuis lonrgtems l'ont abandonné lui-même^ voit de plus heureux rivaux ^ par droit de jeunesse et de mod^e^ le renverser dvL trône, des frivolités : bien moins à plaindre encore que cet écrivain sans pudeur^ qui recueille sa. renommée dans la fange des vices ^ et dont le

%ïl DISCOURS

tioïn parvient aux siècles à venir , moins par la faveur des hommes corrompus^ qui se lassent de tout, que par le mépris des honnêtes gens que les prestiges du bel esprit ne peuvent séduire. Non, il n'est point de véritable immortalité de gloire poiir quiconque ne pressent pas une immoi*- Calité de bonheur; toute immortalité vient du ciel ; la gloire humaine est un instinct religieux ; c'est un culte qu'on rend au génie, à la vertu, dans les êtres privilégiés ou brille le plus l'intelligence divine.

N'est-il pas singulier , en effet, que.

Rousseau, dont les écrits politiques ont donné lieu à des méprises si ^cruelles , soit sorti plus pur que Voltaire de cette épreuve de la révolution, qui a fait justice d'un si grand nombre de renommées ? Quand l'imagination se représente ces deux écrivains célèbres dans un lieu et parmi des auditeurs assortis à leur carac-

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tère ainsi qu'an genre de leur talent , il nous semble voir Voltaire dans Içft salons de nos capitales^ entouré, de toutes les recherches du luie;, et rassurant un cercle d^hommes çt de fçïnmes frivoles sur le vide de leurs occu-^ pations ^ et sur les dangers de leurs plaisirs. Jean- Jacques se laisse à pein0 entrevoir sur un siège de gaeon , dans tm bocage^ (frais ^ plein de grâces e% d'enchantement^ et tel que Milton nqxj^ peint son Ëden si délicieux ; des toua?-!

terelles^ des colombes roucoulent sous le feuillage des arbres ;!unç douce lu^^ îiiièjre se joue dans les rain<çaux ^ sut rhêrbe fleurie ^ et prqduittVaiUe.reflet^^ dont la vue est chàrméç. Tandis qijue If?

silence '"' majestueux ; de 1^ ; )C^fQp^l^e n'est trouble au lojinrqiie.pî^r l,çs $099.

agrestes id'une cornenoiuftç,,; q^ p^4j?fi airs : , d'une bergère qui . i:^»«ftte. ,^yiaf^ que ses longues rêveries cqjfàj^iXfiçny une I société .df , fe^ximes; sepgijiles ^ de jteiines' gens» qi»ç Je^ïuxojj^î; ]La mç^^

xiv Discouas ,

n^>nt point encore corrompus^ ëcouté avec ravissement l%ommé de la nature : il rend hontimage à cet amour dont Torigine est céleste; il elalte les sacrifices qu'on fait à la vertu ; il vante les gônts purs qui maintiennent la paix de l'àme ; à l'homme né fier et sauvage il inspire des mouvemens généreux ; aux femmes des sentimens modestes y et cet amour des devoirs qui fait leur beauté la plus douce et la plus irrésis-*tible ; il cherche le plus grand bonheur des sociétés humaines dans les com* binaisons de la politique ^ et voudrait épArgnëi* quelques larmes à l'enfance > à cette fleur délicate de la vie , jusqti'àlors si négligée.

Favori du grand mondes ^ Voltaiire ^expose à tous leé caprices d^un tel maître^ à tout le ressentiment de ses longues amtertunaeS et de ses coupa* blés douleurs. Rousseau est fàmi des malheureux^ l'appui du faible; il ne veut pas qUë l'homme^ pour se dis»*

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PREIIMIUAIRE. XY

traire de ^ peines passagères y oublie ses devoirs et dégrade^ sa nature ; il songe à le/formctr.pour loi-oiéme au." tant que pour les autres^ il l'attaché à la vie présente par les liens de l'inoK mortalité. Merveillètir efFet de Télo-i quence employée à célébrer la vertu simple et modeste! Rousseau ^ : pi^ur quelcfues pages irréprochables^ obtiei^l le pardon de ses écarts trop fréquens y et fait partager à seB écrits la destinée de. cette religion du malheur^ la seulâ éternelle au milieu de nos vicissitudes^ et|iarmi les ruines successives de la nature^ des hommes et de leurs pa6^ siôns. .^ • '

Mais c^est jperdre trop lon^tems dé rue robjetdece dis<{oi»s; nous voiihons^ seulement montrer qi^en publiant tiosi; Lettres ^ nt>us étions loin de partcigep totis; le^ principes de celui qui leiém^ vit A mesure qu'on paiie d'un hoti^mi^ attssi célèbi^ , on se rappelle involontaî^ rement son plu$ iUu«tre contempori^tL^

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