M. LE CHEVALIER DE TAULES
SOUS LE nOM DE BARaTJ ,
A M. DE VOLTAÏRt.
Versailles, le 176a.
Permettez, monsieur, que j'aie l'honneur de vous écrire, quoique je vous sois tout-à-fait inconnu. Vous ne trouverez pas dans ma lettre ces éloges que vous prodiguent perpétuellement mille gens peu dignes de vous louer, mais, au lieu de ces vains compliments , qui peuvent tout au plus honorer ceux qui les font, j'ose vous présenter des observations sur quelques endroits de votre Siècle (le Louis XIV.
Le dix-huitième chapitre^ commence par quelques particularités sur la manière dont le prince Eugène abandonna la France. Son historien et le marquis de La Fare dans ses mémoires rapportent à. peu près les mêmes circonstances; mais le marquis de La Fare surtout entre dans des détails qu'il paraît que vous avez suivis , et après lesquels
' Édit. de 1761.
DE VOLTA^IRE. lOF
"VOUS n'avez pas cru qu'il fut possible de se tromper. J 'oserai cepeudun t vous assurer , monsieur, que sou récit est un tissu d'erreurs, qui ne sauraient assez étonner dans un contemporain , et qui inspirent peut-être trop de défiance contre les historiens.
Le marquis de La Fare, qui, du même fait en compose cleux^ confond les temps et les événements. Il n'est pas vrai , comme il le dit, ([ue les princes de C^onti eussent déjà fait une campagne glorieuse en Hongrie, lorsqu'ils partirent pour aller servir l'empereur contre les Turcs en 1684. D'abord ils ue partirent pas en 1684 , mais en 1686. Ils firent cette même campagne qu'il écrit qu'ils ne firent pas, et ne firent précisément que celle-là; il est aisé de démonticîr qu'ils n'avaient point fait de campagne auparavant, et qu'ils n'en purent point faire d'autre, puisque le prince de Conti , qui fui de retour en France dans le mois de septembre^ (le cette même année, mourut à Fontainebleau le f) novembre. La vérité est que les princes, à qui le roi avait permis d'aller faire la guerre en Pologne, ayant lieu de craindre que sa majesté rev()([uàt cette permission , se hâtèrent de partir sans prendre de congé.
Le grand Condé tacha de les faire revenir, par divers courriers qu'il leur envoya; tous ses efforts furent inutiles. Le roi , irrité de leur départ précipité, le fut encore davantage lorsqu'il apprit c[u'il.s avaient changé leur premier projet; et qu'au lieu
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traller en Pologne, comme il le leur avait pcTmis , ils avaient pris la route de Hongrie pour servir dans les (roupies de Tempereur. Mais s'il est vrai qu(î sa majesté leur fit ordonner de revenir, il est aussi certain (|u'ils ne reviiuent pas. On s'est donc iF'ompé lors(ju'on a écrit que l'abbé de Sarne lut le seul qui n'obéit point. Il lui aurait été d'autant ])lus impossible d'obéir qu'il n'était pas parti avec les princes de Conti. Il y avait alors près de d(;ux ans qu'il avait renoncé à la France, et qu'il était attaché au service de l'empereur. Ayant appris à Vienne le voyage des princes, il fut au-devant d'eux jusqu'à Munich, et ne contribua pas peu à leur faire pi'éférer la Hongrie à la Pologne : s'il est donc possible que le roi, en parlant du prince Eugène, ait dit à ses courtisans, Ne troiwez-vous pas que f ai fait la une grande perte ? il est évident que ce ne fut pas dans cette occasion. Il n'est pas même vraisemblable que Louis XIV , si retenu dans toutes ses actions , l'ait jamais dit. Il était alors très-mécontent de toute la maison de Soissons ; et ceux qui connaissent son caractère savent qu'il ne prononçait jamais le nom de ceux dont il était mécontent. La comtesse de Soissons, mère du prince Eugène, avait été exilée en i665 , pour des tracasseries de cour , que sa majesté ne lui pardonna jamais. Embarrassée, en 1680, dans l'affaire de la Voisin , cette fameuse empoisonneuse , elle se réfugia à Bruxelles. Il y avait déjà quelque temps que le comte de Soissons était mort, comme il ne
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se soutenait qu'avec les charges qu'il tenait de la ^énéiosité du roi , la fortune de sa maison s'évanouit avec lui. Plusieurs enfants qu'il avait laissés se trouvèrent, ])ar la fuite de la mère, comme isolés en France, sans état, sans biens, mal à la cour, et n'ayant jiour eux que leur nom. La comtesse, dévouée à la maison d'Autriche, par le désir de la vengeance, et par l'asile qui lui avait été accordé, ne fut pas plus tôt en Flandre qu'elle sollicila de l'emploi pour eux dans les troupes de fempereur. En iG8'2, elle obtint im régiment de dragons pour le prince Philippe, qui s'était rendu à VieiHie dès i()8i , et qui fut tué le 8 juillet i683, dans la défaite de l'arrière -garde du duc de LorraiiKî par les Tartares , peu de jours avant que cette ville fut assiégée par les Turcs. Le prince Eugène se flatta que l'empereur lui accorderait le régiment qu'avait eu son frère, et cette espérance lui lit abandonner la France plutôt que le refus d'une compagnie de cavalerie ou d'un régiment. Il arriva vers le milieu du mois d'août iG83, à Passaw, où Léopold s'était retiré, et, suivant les propres expressions du ministre , qui rendit compte de son arrivée^ il se mit sous la protection de l'ambassadeur d'Espagne. Plusieurs années après , \v comte de Soissons , son frère aîné , fut aussi chercher tbrtuiu' auprès de l'emperoiu^ et mourut devant Landaw en 1704. L'exemple du prince Philippe, la retraite de la comtesse de Soissons dans les Pays-lJas, Fespècv de disgrâce où était sa maison
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en Fiance suffisaient sans doute au piince Ku- ^ène, sans le prétendu refus d'uîi régiment, pour lui faire préférer le service de l'i^mpereur à celui du roi , quand même il aurait été en son pouvoiide choisir. Quoi qu'il en soit, Louis XIV n'avait pas besoin du ridicule que les paroles que vous lui attribuez font rejaillir sur sa mémoire , lorsqu'on rapproche ce propos des inquiétudes que lui causèrent depuis les talents du prince Eup^ène. Vous' citez , pour gamnt de cette anecdote, les Mémoires de Dangeau, auxquels vous renvoyez; mais le silence du garant même que vous citez forme un témoignage contre vous. Vous savez, monsieur, que Dangeau n'a fait qu'un journal , qu'il écrivait au jour le jour et à l'heure, si cela peut se dire ; qu'il ne revenait enfin jamais sur les événements passés. Le prince Eugène arriva à Passaw en 1 683 , et les Mémoires de Dangeau ne commencent qu'en 1684. Cela seul démontre, comme je m'en suis convaincu dans les Mémoires mêmes, que Dangeau, qui parle du départ des princes de Conti , en i685, ne fait et ne peut faire aucune mention de celui du prince Eugène, en i683.
Peut-être ces éclaircissements vous paraîtront-ils, monsieur, peu importants. Vos remarques sur l'histoire nous apprennent que la vérité est indifférente dans les petits détails : mais ailleurs vous nous dites qu'il faut de la vérité dans les plus petites choses. Entre ces deux maximes, je me tiens à la dernière: c'est celle que j'adopte, elle m'en-
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courage, et me fait espérei* que vous me pardonnerez d'avoir mis de l'exactitude et de la vérité dans de petites choses qui regardent un grand homme. Je vous prie de recevoir les assurances de mon profond respect.
Nota. Bien que Voltaire n'ait point adopté toutes les opinions émises dans cette lettre par M. de Taules, il est certain qu'il a lait usage de plusieurs des documents qu'elle contient, pour rectifier dans les éditions subséquentes les erreurs qui lui étaient échappées dans celle de 1761 et dans les précédentes. L'anecdote relative au départ des princes de Gonti et à celui du prince Eugène, connu alors sous le nom de l'abbé de Savoie , a été modifiée d'après ces documents. Voltaire en tait, laveu dans la note suivante ( voyez chapitre xviii , du Siècle de Louis Jdf", tome xx, page 10) :
«• Par des instructions à moi envoyées et puisées dans « le dépôt des aif aires étrangères, il est évident que le « prince Eugène était déjà parti en i683 , et que le mar- « quis de LaFare s'est mépris dans ses Mémoires, quand « il lait partir les deux princes de Conti avec le prince « Eugène, ce qui a induit les historiens en erreur.
« Il y eut alors plusieurs jeunes seigneurs de la cour, « qui écrivirent aux princes de Conti des lettres indécentes «dans lesquelles ils manquaient de respect au roi, et « d'égards pour madame de Maintenon , qui n'était alors « que favorite. Les lettres furent interceptées et les « jeunes gens disgraciés pour quelque temps. »
Il est bien à regretter qu'on n'ait pas retrouvé la réponse de Voltaire à cette lettre; il y devait entrer dans une discussion intéressante sur les points historiques
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pour IcscjUL'ls il ne se trouvait point d';iccortl avec M. dr l'aulès. On voit, par un passaj^o d'un<î lettnM|uil écrit à JM. d Ar*^ental, 'xi au^nisle 176*5, (-ond)ien il attachait de prix à connaître M. Dariau , dont il ignorait alors le véritable nom.
«J'ai, dit-il, deux grâces à vous demander; la pie- " niière de vouloir I)ien me dire ce que c'est qu'un M. de « liarrau, que je soupçonne être employé dans les bu- << reaux des affaires étrangères. 11 m'a envoyé de Ver- « sadles quelques remarques sur le Siècle de Louis XI f^, « qui me paraissent d'un homme parfaitement instruit de «' tous les détails. C'est une bonne connaissance à cultiver. » (Tome Lxiv, Correspondance générale ^ P^?^ 268.)
M. de Tauiès était en effet un homme fort distingué par la solidité de son esprit et l'étendue de ses connaissances. Voltaire l'apprécia davantage encore après l'avoir vu. La correspondance qui s'établit plus tard entre, eux, et que l'on trouvera plus loin à sa date, montre qu'ils étaient faits pour s'entendre l'un l'autre. On trouvera aussi, dans l'extrait suivant d'une notice placée en tête (\e T Homme au masque de fer', ouvrage posthume de M. de Taules , des détails propres à faire apprécier ses talents et son caractère.
« Le chevalier de Taules, né en Béarn, et issu d'une des plus anciennes familles de cette province , fut admis en 1754 dans les gendarmes de la garde du roi; dix ans après il entra dans la carrière des affaires étrangères. Les troubles qui agitaient la ville de Genève en 1766
' I^a' Uovwie au masque de fer ^ mémoire historique où l'on réfute les difïéreutes opinions relatives à ce personnage mystérieux , et où l'on démontre que ce jnisonnier fut une victime des jésuites , par feu le chevalier de Taules, ancien consul général en Svrie. — iSîS!
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ayant, engagé le roi à y envoyer le chevalier de Beautéville, son ambassadeur en Suisse, M. de Taules eui ordre de l'accompagner. L'objet de cette mission était de rétablir la paix dans cette république; l'obligation de se concerter avec les cantons de Zurich et de IJerne, dont les vues et les principes étaient iJjsolunient contraires à ceux de la France, rendit cette négociation pénible et infructueuse. De Genève M. de Taules passa en Suisse; il résida une année à Soleure pour y suivre la même affaire.
« Ce fut pendant son séjour à Genève que ]M. de Taules fit connaissance avec Voltaire, à qui l'aimable originalité de son esprit et de son caractère plut infiniment. Il mandait à madame d'Argental , le 18 avril lyGG : M. llenin est très-fàché de la retraite de M. le duc de Praslin , et tle M. de Saint-Foix. M. de Taules, qui a aussi beaucoup d'esprit, ne me paraît fâché de rien, l ne longue lettre que Voltaire écrivit à M, de Taules luimême, le 21 mars 1768, prouve qu'il faisait beaucoup de cas de son jugement, et aimait à discuter avec lui des faits historiques douteux ou obscurs, dont l'éclaircissement demandait de la sagacité.
« Un jour que M. de Taules était avec le ministre, un M. Duluc, Genevois, qui s'était rendu à Versailles pour engager le gouvernement français à protéger les citoyens contre l'ambition du conseil, fit demander ime audience que M. lie Choiseul refusa d'abord , en disant : « Que ré- <» pondrai-je à cet honnne, qui vient sans doute me par- '« 1er des petits intérêts et des tracasseries de son tripot, « auxquels je n'entends rien? » Recevez-le toujours, répliqua M. de Taules; ses efforts tendront certainement à engager la France à enfreindre les promesses ci-devant
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(iiitcs, au nom du roi, au ^o!i vainement genevois; vous lobservcTCA à M. Duluc, et selon la manière dont il su délcndra, je me mêlerai de la conversation, et vous tirerai d'embarras. Sur cette assurance, le duc lait entrer le Génçvois, qui expose sa demande. Le ministre lui réplique par l'observation convenue; M. Duluc ne néglige rien pour faire valoir sa cause ; M. de Taules détruit tous ses arguments, et, après lavoir réduit au silence, il ajoute: Il y a, monsieur Duluc, un excellent moyen d arranger tout cela. Alors le ministre et M. Duluc redoublent d attention, et le malin chevalier ajoute: C'est, monsieur Duluc, d'ensevelir votre tète sous une énorme perruque de syndic. Le Genevois sentit le piqu^int de cette réponse : néanmoins il sourit à l'idée de son élévation *. « En 1768, M. de Taules fut nommé capitaine de dragons , et M. le duc de Choiseul l'envoya en Pologne et vers les frontières dt> la Moldavie , il y rendit tous les services dont sa mission était susceptible. A la fin de 1769, il fut chargé, à son retour de Pologne, d'un travail important sur les négociations de la France avec la^ Suisse.
^ « Quelque temps après, M. Greenville, Anglais de distinction , passant à Genève, de simples citoyens et des magistrats lui parlèrent séparément de leurs prétentions respectives , niais si contradictoirement que , ne pouvant s'en former une juste opinion , il pria Voltaire de lui éclaircir ces assertions si diverses du peuple et desmagistrats. Je peux , répondit le vieillard , vous satisfaire aussi véritablement que brièvement. Ce sont environ neuf cents tignasses qui se disputent contre cinquante grandes vilaines perruques pour devenir de grandes perruques elles - mêmes. La réponse de M. de Taules et celle de M. de Voltaire expliquent suffisamment que les magistrats de Genève étalent alors distingués par d'énormes perruques, tandis que les citoyens n'en pouvaient porter que de médiocres ou de petites. »
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H En 1771 5 après la disgrâce du duc de Choiseul, les étahlissemeiils de commerce des Français dans la Syrie rt la Palestine se trouvaient exposés , par suite de la révolte des Druscs, aux désordres et .uix troubles qui sont la suite des guerres civiles. M. de Taules y lut envoyé avec le titre de consul ijénéral. Jamais la considération pour la France ne fut portée plus loin en Turquie (pie dans le territoire où s'étendait l'administration de M. de Taules; jamais la protection exercée au nom du roi n'y tut f)lus respectée.
« En 1779, la santé de M. de Taules, qu'un climat hiùlant avait extrêmement dérangée, le mit dans la nécessité de demander sa retraite. Elle lui fut accordée avec des témoignages honoral)les pour les services qu'il avait rendus avec autant de désintéressement que de zèle. Ces éloges mérités furent la senle récompense de M. de Taules; il est mort il y a quelques années dans un état fort éloigné de l'opulence, après avoir refusé plusieurs emplois importants sous le gouvernement impérial. »
I lO I.KTTKKS INKDITI S
LETTPii: XXX.
A iM. LE DUC DE CHOISEUL, ET A MADAME LA DUCHESSE DE GRAMMONT.
Ferney, a 5 janvier 1763.
Monseigneur et Madame,
Je n'ai pas osé, mais j'ose vous demander si je |)eux vous supplier de permettre que votre beau nom décore le contrat de mariage de Marie Corneille. Vous êtes ses protecteurs, elle vous doit tout. Son nom est aussi fort beau dans son genre: serait-ce trop présumer au milieu des réformes et de tant d'affaires ? Deux mots de votre main : Nous commettons la marmotte Voltaire pour signer en notre nom au contrat de mariage de la nièce a Pierre. ^
\gréez le profond respect de la marmotte.
VOLTATRE.
Nota. Bachaumont rapporte dans ses Mémoires sous la date du 2 février 1763 :
« Il y a quelques années que M. de Voltaire, ayant appris l'extrême indigence où était réduite la petite-nièce du grand Corneille , touché de son état, fit offrir à son
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père crcii prendre soin, et de l;i retirer chez lui à sa terre près de Genève, ce qui lut accepté avec beaucoup de reconnaissance. Les journaux s'empressèrent alors à publier cette généreuse action. Mademoiselle Corneille a vécu <lepuis ce temps au cluiteau de Ferney, où M. de Voltaire et madame Denis se sont occupés à lui procurer une éducation et des connaissances qu'elle n'avait pu acquérir chez ses parents. On vient d'apprendre qu'elle épouse M. Dupuits de La Chaux, cornette de dra- «;ons, qui possède luiit ou dix mille livres de rente. Vax laveur de ce mariage M. de Voltaire donne vingt mille livres à mademoiselle Corneille. Quelque tenq^s auparavant il lui avait assuré quatorze cents livres de rente viagère. l'Jle aura de plus le produit de l'édition des œuvres de Corneille, à laquelle préside M. de Voltaire, et qu'il doit acconq)agner de ses remarques. Ce sera un objet de plus de vin<:t mille écus. »
Aussitôt que ce mariage fut arrêté, Voltaire s'empressa d'en taire part à M. le duc de Choiseul ^ et à madame la duchesse de Grannnont^, qu'il regardait comme les plus puissants protecteurs que mademoiselle Corneille put avoir à la cour.
Cette lettre ainsi que celles qui suivent, et qui portent
* M. le tluc (le Choiseul ( ?'.ticnnc-François ) , né en 1719, mort en 1785, tut l'un des meilleurs uiinislies de Louis XV. Dès son entrée au ministère il s'est montré le protecteur de Voltaire , et , a|)rès sa disgrâce , Voltaire n'a cessé de se montrer reconnaissant.
' Bcatri\ Choiseul de Stainville, femme de M. le duc de Grammont , née >ers 17^0, morte le u». avril 1 79.1. Condamnée par le tribunal révolutionnaire, elle montra un grand courage dans ses derniers mouieuts; arrivée au pied de l'écliafaud avec madame Du Chàtelet, son amie, qui avait suhi la même condamnation, elle la fit monter avant elle pour lui épargner le spectacle de sa mort, et ne pas prolonger de queUpies instants son affreuse agonie.
119 I,I;TTRKS IJVKDITKS
1<'S iiuMiK'S ïirl rosses , doivent fif^urer comme pièces justilicativtîs dans i\v,s Mémoires inédits de M. le duc dt- (îlioiseul, ministre sous Louis XV. Elles ont été communiquées aux coopératcurs de la présente édition par le digne héritier d un nom cher aux lettres, par M. le duc de Choiseul>, aujourd hui pair de France, qui se plaît aussi à encourager toutes les grandes entreprises littéraires. Les soins qu'il donne à la mise en ordre des Mémoires de son oncle ajouteront encore un nouveau prix an mérite d'une pareille puhlic<ition.
LETTRE XXXI