‹ Lettres inédites de Voltaire (volume 2)Chapitre 31 sur 74 · LETTRE LU · texte numérisé non relu

LETTRE LU

AU MÊME

Je n'ai cru, mon cher monsieur, qu'il fallait nue permission de M. le duc de Clioiseul, (ju'au cas (ju'on niât les lettres écrites en 17^4 -, ^^ qu'on se servît du prétexte des dates 'erronées pour ciier au faussaire. C'est une précaution que j'ai cru devoir prendre. Je l'ai soumise aux lumières de monsieur l'ambassadeur et aux vôtres, et à celles de M. Hennin. Ces pauvres natifs m'ont appris à ne rien faire de ma tête; mais puisqu'o/^ rend justice au caractère de Jean-Jacques , tout est Jlni. IL resterait à faire voir que ce malheureux: sophiste n^a pas écrit douze pages de suite ou il y ait le sens commun , et qu'il n'y a jamais eu de réputation plus usurpée; mais ce n'est pas là mon affaire. Je sais attendre, et j'attendrai surtout que les vingt-cinq jy^r/7/<7^/6'j, qui ne voient j)as plus loin que le bout de leur nez, me rendent justice. Je suis assez content que vous me la rendiez. Il \ a plus de repos dans mon cœur que dans Genève; comptez, monsieur , (ju'il y a aussi une amitié res-

l58 LETTRES INÉDITKS

pcctiHuiso pour vous dans ce vieux cœur que vous avez g«igné.

Voltaire.

Nota. Crttc ietlie a raj»port aux laits indiqués dans le nota précédent. Il paraît que Voltaire n avait point obtenu le résultat qu'il attendait de la découverte faite au ministère des affaires étrangères , de quelques lettres de lloussoou. Vainement il en avait isolé quelques expressions pour faire voir que Jean - Jacques n'avait occupé à l'ambassade qu'une place subalterne; vainement il en avait cité, dans sa lettre à Hume (tome lxv, page i47)) les passages suivants :

« J'ai été deux ans domestique de M. le comte de « lyiontaigu (ambassadeur à Venise)... J'ai mangé son u pain... Il m'a cliassé honteusement de sa maison... Il <i m'a menacé de me faire jeter par la fenêtre... , etc. »

Comme on ne partageait pas les ressentiments de Voltaire, on ne voulut voir que la vérité du fait avancé par Rousseau , et dans cette partie de la querelle , les rieurs ne furent pas du côté de Voltaire.

La note de la page io8 explique l'allusion que fait ici Voltaire, des vingt-cinq perruques dont il parle. C'est des membres du petit conseil qu'il est question.

DF VOLT A IRF. I :)()

LETTRE LUI

AU MÊME

A Ferney , 8 novembre.

Je donnai, monsieur, ces jours passés, à ma nièce, un petit mémorandum pour la faire souvenir de vous demander une petite grâce dont j'avais besoin. Il s'agissait de vérifier inie date; au lieu de vous prier de vouloir bien lui dire la date, qu'elle aurait pu oublier, elle vous laissa mon petit billet. Je ne voulais que savoir précisément la date des lettres de Venise que vous avez entre les mains ; c'est vous qui aviez eu la bonté de m'en procurer une copie ; je l'ai prêtée et on ne me Ta pas encore rendue. Au moins madame Denis vous a dit combien je vous suis attaché; quoique vous ayez eu la cruauté de m'écrire que vous étiez avec respect, j'ai la justice moi d'être avec respect, et malgré cela, avec sincérité, monsieur, votre trèsliiimble et très-obéissant serviteur. Voulez -vous bien , monsieur, avoir la bonté de me mettre aux pieds de Son Excellence? Monsieur Thomas ne serat-il pas de l'Académie?

INIemorandum.

Mille tendres respects à M. le chevalier de Taules, [.es lettres de Venise de Jean-Jacques.

lOo LIiTIlES INÉDITES

Nota. C'était par M. de Taules qurr Voltaire avait obtenu, du ministère des relations extérieures, les trois lettres adressée»par J.-J. Rousseau à M. Dutlieil (voyez le nota de la lettre li, page i55 ). La publicité que Voltaire donna à ces lettres parut inconvenante à M. de Taules, qui ne les avait confiées que comme renseignements particuliers. Les originaux de ces lettres sont passés depuis en Russie avec la bibliotbèque de Voltaire.

LETTRE LIV

AU MÊME

AFeriiey, lo novembre 1766.

J'ose supplier , monsieur , Son Excellence ou vous, de vouloir bien mettre dans vos paquets de la cour ces deux guenilles, que messieurs les ducs de Choiseul et de Praslin m'ont demandées.

Dites-moi, je vous en prie, ce qu'on pense de Jean-Jacques à Genève. Les vingt-cinq perruques sont assurément sur des têtes de travers , si elles pensent que je suis enrôlé contre elles dans le régiment de Rousseau. Ces messieurs-là connaissent bien mal leur monde , et sont bien maladroits.

M. Thomas, Dieu merci, a tous les suffrages. Donnez-moi ici le vôtre , et traitez avec amitié

/^. ^. /^ o. j. Voltaire.

Nota. Les deux écrits dont il est question dans celte

DE VOLTAIRE. l6l

lettre sont les Scythes , tragédie que Voltaire venait de tcriiiincr% et selon toute apparence la lettre à M. Hume dont on a cité un passage dans le nota de la lettre li, page i55.

Les vingt-cinq perruques dont parle Voltaire sont les membres du petit conseil qui pensaient alors que Voltaire était d'accord avec Jean-Jacques (voyez le nota de la lettre xliii, page i43 ).

LETTRE LV

AU MÊME

Du ao novembre 1766.

Le couvent de Ferney envoie savoir des nouvelles de la santé de Son Excellence; il supplie M. le chevalier de Taules de vouloir bien en dire. Il fait mille compliments à M. Hennin.

Voltaire.

* Voltaire écrivait à M. d'Argental le 12 novembre, au sujet de cette pièce: « Nous ne pensons pas au couvent que l'incognito puisse « se garder. Le petit La Harpe n'en sait rien; mais M. Hennin a vu « le manuscrit sur ma table. M. de Taules, qui est curieux comme • une fille, est au tait. Tom. lxv , page 177. »

iGi LETTRES INI^DITF.S

LETTRE LVI

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