‹ Lettres inédites de Voltaire (volume 2)Chapitre 53 sur 74 · A MADAME LA MARQUISE DE MALAUZE · texte numérisé non relu

A MADAME LA MARQUISE DE MALAUZE

A Sceaux , ce dimanche.

Aimable Colette, dites à son altesse sérénissiine qu'elle souffre nos hommages et notre empressement de lui plaire. Il n'y aura pas, en tout, cinquante personnes au-delà de ce qui vient journellement à Sceaux. Madame la duchesse du Maine est bien bonne de croire qu'il ne lui convienne plus de donner le ton à Paris; elle se coiniaîtbien peu : elle ne sait pas qu'un mérite aussi singulier que le sien n'a point d'âge ; elle ne sait pas combien elle est supérieure même à son rang. Je veux bien qu'elle ne donne pas le bal; mais pour des comédies nouvelles, jouées par des personnes que la seule envie de lui plaire a faites comédiens, il n'y a qu'un janséniste convulsionuaire qui puisse y trouver à redire. Tout Paris l'atlmire et la regarde comme le soutien du bon goût. Pour moi, qui en fais ma divinité et qui regarde Sceaux comme le temple des arts , je serais au désespoir (jue la moindre tracasserie put corrompre l'encens que nous lui offrons et que nous lui devons.

Mille tendres respects.

Voltaire.

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LETTRE XXV

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