A M. GABRIEL CRAMER
Feniey, 26 septembre.
Yoi|s ne pouvez, mon cher Gabriel, réparer trop tôt la méprise énorme (|u'on a faite en imprimant sous jnon noo), dans cette collection plus énorme encore, l'Quvrage de M; Prost de Royer, avocat de Lyon, sur le prêt à jour ou à terme. C'est une affaire de jurisprudence dont je ne me suis jamais mêlé; et, pour comble de ridicule» vous intitulez M. Prost de Royer procureur général.
Je lis les volumes in-4" que vous m'avez envoyés; si vous m'aviez consulté| quand vous les avez imprimés, on n'y aurait pas mis tant de petites pièces qui ne sont pas de moi, Pi la iQUt aurait été imprimé plus correctenjeiit. .
Je vois bien que cette édition n'a pas été faite sous vos yeux; j'y vois des pages entières répétées. Le monologue de Bamlei commence par ces mots:
Qex|^0m«i il faut choisir et passer & rinataiit De U vie à t^ mort et c|e Vêtrq au néant.
Il y a un vers d'oublié dans l'article d'Hudibras, et eet oubli gâte absolument tout le sens.
Il y a des vers oubliés dans les tragédies. Les fautes dHmpression sont assez considérables; elles exigeront des errata et des cartons. Mais oe qui m'embarrasse et me mortifie le plus, c'est la quantité de petits ouvrages qui ont couru sous mon nom, et qui ne m'appartiennent point.
Je vois que tous ces volumes ne sont pas enoore complets ; je vous réitère encore les justes prières que
DR VOLTAIRE (1771). t»9
je ?ou9 ai faites de ne rien ajouter à cette collection malheureuse sans mon aveu ; plus je la lis, plus je suis afOigé.
A l'égard de TimpAt qu'on met sur le papier, il servira à faire acheter les livres plus cher. Il y en a trop. Il fallait autrefois encourager Vimprimerie, et on veut aujourd'hui la restreindre. La lecture est Taliment de rame; mais je vois que le ministère craint les indigestions.