A CATHERliNE II
A Ferney, 17 auguste.
Madame, il n*est pas surprenant que tant d*ofificiers des autres souverains veuillent être les vôtres, et qu'on s'empresse de vouloir servir celle qui est admirée dans l'Europe et dans l'Asie. Plus de vingt jeunes gens, ayant su que Votre Majesté impériale daignait m'honorer de quelque bonté, m'ont demandé des lettres de recommandation. Je n'ai pas été assez téméraire pour oser prendre cette liberté. J'ai été d'autant plus retenu, que j*ignorais si ces jeunes gens étaient dignes d'entrer au service de Votre Majesté impériale.
Mais enfin, voici le baron de Pellemberg, né en Flandre, officier en Espagne aux gardes-^allones, fils du baron d'Horvost-Pellemberg, général major au service de Sa Majesté l'impératrice-reine ; il ne veut servir d'autre impératrice que vous; il veut absolu-
< Œuv. compl., t. \\y. — Probabilités en fait de Justice, t. XXIX.
ment aller à Pétersbourg , soit que j*aie la hardiesse de lui donner une lettre, soit que je ne pousse pas jusque-là ma témérité.
Il sait sept langues, et il a cette conformité avec Votre Majesté. Bientôt il en saura une huitième , que vous rendez respectable à toute TEurope. Pour moi , je me borne à vous dire dans la mienne que je suis, avec le plus profond respect et la plus inviol£Î)le reconnaissance, madame, de Votre Majesté Impériale, le très-humble, etc.