‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 206 sur 405 · A M. MARIN · texte numérisé non relu

A M. MARIN

SS aagoite.

Voici un petit bouquet qu'on m'a donné pour la fête de la SainU-Barthélemy S qui arrive incessamment. Il 7 a de petits ornements rouges, qui paraissent sanguinolents ; cela parait assez convenable. Il arrivera peutêtre trop tard. Il faut prendre les Français sur le temps. Que ceux qui se plaignent du présent, songent au passé; ils se consoleront.

Vous avez su la réparation qu'on a faite sur la méprise d'Arras; mais quelle réparation I II fallait que les premiers juges demandassent pardon, à genoux, à la veuve de l'innocent, et lui fissent une pension de la moitié de leurs biens.

Que dites-vous de Catherine II, qui augmente d'un cinquième la paye de ses troupes, après quatre ans de guerre? Il faut croire que, du moins en France, on nous rendra ce qu'on nous a pris.

Je vous écris bien rarement, mon cher monsieur;

< V. CSuv. eompL, t. XllI.

que pourrait vous dire un vieillard aveugle, un blaireau des Alpes? Que pourrait-il dire à celui qui, deux fois par semaine , nous instruit des affaires de l'Europe?

ConseryezHQcioi toujours un peu d*amitié.

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