A M. DE CHABANON
r'fétrier.
I nunc, et versus tecum meditare canoros.
Mon cher ami, il m'arrive une aventure digne de ce siècle, la lie des siècles. Je ne sais quel est le corné* dien, ou le souffleur, ou l'ouvreur de loges qui s*est avisé de travestir ma tragédie des Lois de Minos, de supprimer ce que j*ai fait de plus passable, et de défi* gurer le reste par des vers à la Crébillon. Ce polisson a vendu secrètement la pièce à un libraire affamé, nommé Yalade, qui la vend hardiment sous mon nom, sans approbation, sans privilège, et peut-être avec une espèce de permission tacite donnée, pour de Targent, par un censeur de livres. Si cet infâme brigandage est autorisé dans Paris, il faut s'enfuir en Amérique. Tout ce qui se passe dans vos différents tripots est à peu près de même parure ; mais je ne m'intéresse ^u'à ce qui s'appelle humaniores liitera^ qui sont devenues tnhumatuB litterœ. Dieu vous préserve, monsieur votre frère et vous, des brigands qui infectent les cafés, le parterre, le Parnasse, et les b de toute espèce I
Adieu ; quoi qu*on en dise, Lulli sera toujours pour moi le dieu et le seul dieu de la déclamation. Je vous embrasse tendrement; madame Denis vous fait mille compliments.