A M. PROST DE ROYER
A Ferney, 8 décembre.
Monsieur, on me propose d'avoir l'honneur et le plaisir de vous écrire. C'est en faveur du sieur Porami, régisseur de ma terre de Femey, et du sieur Perrachon, marchand établi dans ma petite colonie, contre un banqueroutier, nommé Cretet^ qui s'est sauvé des prisons de Lyon, et contre les créanciers de ce banqueroutier.
Perrachon soutient qu'étant à Lyon en 1772, il fit des marchés avec ce Cretet et lui paya ses marchandises, de quoi la preuve est au procès. Perrachon dit qu'il fit adresser les marchandises par lui achetées et payées, sous le nom du sieur Wagnière, mon secrétaire , parce qu'alors ledit Perrachon était à Lyon, et que sa maison, que je lui bâtissais àFerney, n'était pas encore prête; qu'il partit sur-le-champ de Lyon, et que, rencontrant le voiturier dans Femey, il reçut les effets avant qu'ils arrivassent dans la maison du sieur Wagnière; qu'il fit décharger ces marchandises dans ma ferme, où demeure Porami; qu'il fit payer le voiturier par Porami même ; qu'ensuite il fit transporter ces marchandises dans sa propre maison, lorsqu'elle fut achevée; que non-seulement il paya ces marchandises à Cretet, qui fit banqueroute, mais qu'il lui redoit encore beaucoup d'argent ; et qu'ainsi, loin que
■ Cette dernière phrase est de sa main.
DE VOLTAIRE (ms). 331
les crémnciers puissent avoir le moindre recours contre lui, c^est à lui à redemander ce que ce banqueroutier lui redoit, supposé qu'il reste de quoi payer quelque partie des dettes.
Le sieur Wagnière, mon secrétaire, n'est pour rien dans cette affaire; le sieur Porami n'y est mêlé que pour avoir rendu service; et Cretet parait un insigne fripon. On dit qu'il est allé chez les Turcs.
Je TOUS demande, monsieur, votre protection pour le sieur Perrachon, qui n*est en aucune manière responsable des effets de ce malheureux.
A l'égard de mon secrétaire et de Porami, ils sont absolument étrangers à toute cette affaire.
Non-seulement Perrachon ne doit rien au banque^ routier Crelet, mais Cretet lui vola un cheval que Perrachon lui avait prêté à Lyon.
Yoilà, monsieur, tout ce que je sais de cette affaire, qui me parait simple, et dont vous êtes instruit beaucoup mieux que moi, puisque vous en êtes juge, et que TOUS avez les pièces sous les yeux.
Je saisis cette occasion de vous renouveler les sentiments de l'estime respectueuse, avec laquelle j'ai, etc.
82i. — A M. DE BELLEVAL.
13 décembre.
La personne à qui M. de Belleval a fait parvenir un papier, signé de lui, le 9 de novembre 1 773, est obligée de lui dire que le journal en question est tout entier de M. Cassen, avocat au conseil, écrit de sa main. 11 û été imprimé dans les Questions encyclopédiques^ auxquelles plusieurs gens de lettres ont travaillé. On en
^tSB LETTRES INEDITES
«dbère présentemeoi une nouvelle édition^ dans lii* quelle le même article est déjà inséré. Si M. de Belle- T«l a des instructions à donner, on les imprimera à la suite, et on corrigera l'article suivant ses int^itioos. Il «erait bon qiie madame Tabbesse fit tenir aussi quelques particularités dont on pût &ire usage. f Le roi de Prusse protège beaucoup le fils deM. d'Ër tallonde, et a promis d*avoir soin de son avancement.