‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 242 sur 405 · S22. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHEUEU · texte numérisé non relu

S22. — A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHEUEU

A Feraey, 15 décembre.

J*écris vite à mon héros comme je peux, avec mes yebx très-mal en ordre, pour lui dire qu'il n'est pas vrai que M. le baron d'Ëspagnac ' m'ait démenti sur lè service signalé que vous rendîtes le jour de Fontenoy; 'au contraire, il dit précisément les mêmes choses que "j'avais dites, et il vous rend la plus grande justice. Une bonne âme de Paris m'avait mandé que ce n'était pas vous qui aviez proposé les quatre canons, et que 'M. d'Ëspagnac en donnait la gloire à d'autres. M. d'Ëspagnac me fait l'honneur de m'envoyer son ouvragé, et je vois avec grand plaisir qu'il ne faut pas croire les tracassiers de votre bruyante ville, pleine de petites factions, de petits partis, de petites jalousies, de petits tnensonges; tout cela passe, et la gloire reste.

Un M. Moline a été chargé de votre portrait dans ta jialerie française; il m'a envoyé sa besogne. Il n'im-

I Goayerneur des InTalides, auteur d'uue BUMre de Maurice, comte de Sase. .»

DE VOLTAIRK (1771). 339

porte qaelle main tous peigne; les traits 8ontre9seiiifblants, et cela suffit.

Quelle consolation ce sera pour moi d'aller à Bordeaux TOUS faire ma cour dans tos moments de loisir, de rcTeoir dans mon trou sans passer par Paris, et de poÙToir dire : Je l'ai rcTU, celui qui fit tant d'honneur à la France 1

YiTez, monseigneur, plus longtemps que Totre de« Tancier le duc d'Ëpernon, qui n'a jamais approché de TOUS. — Y. qui a cent ans.

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