‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 260 sur 405 · A M. LE CHEVALIER DE USLE · texte numérisé non relu

A M. LE CHEVALIER DE USLE

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Si j'avais le malheur d'être roi, monsieur, j'aurais assurément le bonheur de vous prendre pour mon premier ministre ; car vous êtes le seul qui me disiez la vérité. La plupart des personnes qui me font Thonneur de m'écrira, ne me mandent que des bagatelles, ou des bruits populaires, ou des contradictions.

Mais n'étant qu'un pauvre particulier très-particulier, et dans un état assez triste, je vous ai la plus grande obligation d'avoir bien voulu, en preux chevalier, rompre une lance en ma faveur dans le château enchanté d'où vous venez ^

J'ai été affligé, tourmenté, accablé pendant trois ans, ou environ, de la détestable idée qu'on avait conçue de ma prétendue inconstance, moi qui me pique d'être le plus constant des hommes. Vous me soulagez d'un poids insupportable. Je n'ai point de termes pour vous marquer ma reconnaissance. Si jamais on vous dit que j'ai été inconstant pour vous, n'en croyez rien; mes plus belles heures sont celles où je reçois de vos lettres.

Le vieux malade.

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