‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 262 sur 405 · M. LE CHEVALIER DE LISLE · texte numérisé non relu

M. LE CHEVALIER DE LISLE

8 augygle.

Je pense comme vous, monsieur, sur Vépître de M. de Rulhières; elle n'est pas si acérée que celle ^ où il peignait si plaisamment M. Daube ; mais elle respire une facilité de mœurs et de vers qui me fait un extrême plaisir : cela est dans le goût de Chaulieu, et n'en a pas les négligences.

Le garçon qui a tout acquis ^ en peu de temps, n'a point encore acquis cette mollesse et cet air de vérité qui régnent dans le petit ouvrage de M. de Rulhières. Le gros du monde y trouvera des longueurs : ces longueurs ne me déplaisent pas, quand elles parlent d'un cœur qui est plein et qui déborde. Le garçon ne me

' Ce drame en vers libres et en cinq actes de Dudoyer, joué le 2 juillet 1 7 7 4, ne vaut pas même le Vindicatifs de Destouches, qui n'eut qu*une représentation. Dudoyer de Gastels a donné aussi plusieurs comédies qui n'eurent pas un meilleur succès. Il est mort à Paris en 1798.

' Les Disputes.

' Le marquis de Pezai.

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Ta pas envoyée ; je la tiens de vous et de l'auteur luimême : je TOUS en fais à tous deux mes compliments bien sincères.

L'aventure de mademoiselle de Yence * ressemble à celle de mademoiselle deDivion, qui fut brûlée du temps de Philippe de Valois, pour avoir fait de fausses lettrespatentes en faveur de M. le comte d'Artois^. La plupart de nos dames ne sont pas si savantes. Ma conclusion n'est pas que Ton brûle mademoiselle de Yence; il ne faudrait, à mon sens, brûler que les feuilles de Fréron et toutes celles qui nous ennuient. On se contenta de pendre M. Tabbé Fleur, chanoine de Besançon, prêtre et prédicateur, qui avait contrefait des lettres de change de Montmartel.

Yous me faites si fort aimer Thistoire moderne, que je vais vous fatiguer de questions : il s'agit de savoir si on joue Orphée;

Si on continue le Vindicatif;

S'il est vrai que M. le duc de Choiseul ait acheté la charge de grand-chambellan.

Je suppose, monsieur, que vous êtes encore à Paris, quand je vous demande tant de choses; car si vous êtes à Mouzon, je ne vous demande qu'un prompt rlour. — Le vieux malade de Ferney.

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