‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 263 sur 405 · A M. LE MARËGHAL DUC DE RICHEUEU · texte numérisé non relu

A M. LE MARËGHAL DUC DE RICHEUEU

A Ferney, \ 5 auguste.

Les artistes de ma colonie, monseigneur, qui ont

* Madame de Saint- Vincent , fameuse par son proeès contre le maréchal de Richelieu.

* Elle voulait faire restituer à ce prince le comté d'Artoia, qu'il réclamait en justice.

fourni, selon yos ordres , une monlre garnie de diamants pour les noces de madame la comtesse d'Artois, se jettent à vos pieds.

Ils adressèrent cette montre à M. d'Ogny, qui la présenta lui-même à madame du Barry, laquelle s'était chargée des présents.

Cependant cette montre n'a point été comprise dans la liste de M. de La Farté, signée de vous, et M. de La Ferté n'en a jamais entendu parler.

Je suis honteux et je vous demande pardon de vous parler de cette petite affaire» au milieu de toutes celles que vous avez. Mais ces pauvres artistes, qui sont d'ailleurs très-vexés et qui sont fort à plaindre, me forcent de vous demander votre protection pour eux. (1 parait qu'ils n'ont que deux ressources : Tune, de vous supplier de vouloir bien faire réparer cet oubli dans le premier compte que signera M. le duc d'Aumont ; l'autre, de demander le prix de leur montre à madame du Barry elle-même» puisqu'il est très-certain qu'elle l'a reçue des mains de M. d'Ogny.

Je vous supplie très-instamment d'avoir la bonté de me donner vos ordres sur cette affaire.

La mort du notaire Leleu me met dans la situation la plus désagréable et la plus pressante. Vous éprouvez vous-même dans le moment présent des embarras qui vous font sentir à quel point sont à plaindre de simples particuliers sans protection.

Je compte toujours sur vos bontés, et je me flatte qu'elles seront proportionnées à un attachement d'environcinqiianteans. Reconnaissez, à cette époque, votre très-vieux, très-malade et très-fidèle serviteur. V.

Page 1