‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 272 sur 405 · A M. DE LA LANDE · texte numérisé non relu

A M. DE LA LANDE

A Ferney, A noTembre.

Le vieux malade, monsieur, est pénétré de voire souvenir et de vos bontés. Il tient encore un peu au monde, mais c'est aux talents et à la vertu; c'est ce qui fait qu'il vous est très-attaché à vous et à madame de Maron*.

Je vous crois beaucoup plus occupé des vérités physiques et morales que du remue -ménage des parlements. Vous n'oublierez point pourtant celui ^ qui vous a fait gagner votre procès contre Coge-pecus. Quelques magistrats qu'on choisisse pour juger des procès, je souhaite seulement qu'il n'y ait jamais parmi

' Baronne de Meillonnaz. Elle a composé plusieurs pièces de théâtre qu*cUe n'a point voulu publier, malgré le mérite que quelques connaisseurs y trouvaient.

' L'abbé Hignot, rapporteur des lettres-patentes pour le collège royal, auxquelles l'Université s'opposait.

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eux ni d'assattins du comte de Laliy, dI d'assassins du chevalier de La Barre. Les factions de l'ancien et du nouveau parlement causent trop de querelles ; j'aime mieux celles des partisans de Rameau et de Gluck : elles ne peuvent faire aucun mal. Mais ce que j'aime passionnément y ce sont les instructions qu'on peut prendre auprès de vous et que je viendrais chercher, si je pouvais sortir de mon lit et faire d'autre voyage que celui de l'autre monde.

Soyez sûr, monsieur, que tant que je végéterai dans celui-ci, je serai pénéiré pour vous de l'estime la plus respectueuse et du plus sincère dévouement.

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