A MADAME JOLY
A Ferney, 1 1 noTembrc.
Madame, vos bontés me font sentir mon tort : j'aurais dû vous prévenir; mais vous pardonnez à un octogénaire malade. Nous avons vu, madame Denis et moi 9 dans madame de Florian tout le mérite que l'éducation reçue de vous a dû lui donner, joint à toutes les grâces qu'elle tient de la nature. Nous nous sommes attachés à elle, dès le premier jour que nous l'avons vue. Elle n'a pas un jeune mari; mais elle a un très-hon mari, et cela vaut beaucoup mieux. J'ai tout lieu de me flatter qu'elle jouira longtemps d'un bonheur dont bientôt je ne serai plus le témoin. Le petit dérangement de sa santé n'est rien ; elle est si bien faite et parait si bien constituée, que cet accident passager ne peut jamais avoir de suite fâcheuse.
Mademoiselle sa sœur parait bien digne de vous et d'elle. Je lui souhaite bientôt un mari tel que M. de
Florian, si nous en trouvons. Madame Denû fait toua ses efforts pour leur rendre la vie de la campagne agréable. Pour moi, qui n*existe presque plus, je suis réduit à être le témoin de leur féUcité, sans pouvoir y contribuer.
Je vous souhaite, madame, etc.