‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 275 sur 405 · A M. LE BARON THOMASSIN DE JUILLY · texte numérisé non relu

A M. LE BARON THOMASSIN DE JUILLY

A FerneYf 27 novembre.

Vous rajeunissez, monsieur, un octogénaire en lui faisant lire votre poëme de la France illustre par les ArtSy et vous vous mettez au rang de ceux qui l'illustrent. Vous élevez un nouveau trophée à la gloire des Muses, qui fera le désespoir de ce citoyen de Genève qui se sert de leurs armes pour les combattre, et de tant de petits détracteurs qui croient se faire remarquer en s' efforçant, comme la couleuvre, de ronger la lime. Tout ce que vous écrivez, monsieur, est plein de sentiment et de vérité; votre éloquence est douce et persuasive, et je sens par moi-même que Fontenelle a eu raison de vous écrire dans ses dernières

1 Lettre à d*Alembert, du 21 novembre 1774. * Le portrait de Torgot.

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années : «Je m'aperçois, en lisant tos ouTragee, que c< le cœur ne vieillit point. »

Il vous appartient sans doute, plus qu'à personne, de faire Téloge du maréchal de Catinat, puisque vous vous distinguez, à son exemple, par les armes et par la litlé* rature. Je ne puis qu'applaudir àvos travaui^ monsieur, et peut-être, si ma santé me le permet, je serai cet été Vun de vos juges. Je suis fâché de ne pouvoir vous fournir aucuns éclaircissements sur votre héros. Vous savez que nous avons fait serment de ne nous mêler en aucune manière des ouvrages que Ton compose pour les prix. Je serai charmé que vous soyez couronné, et, pour Tétre, vous n avez assurément besoin que de vous- même. J*ai en main les garants de vos succfe et de votre triomphe.

J'ai rhonneur d'être, avec toute l'estime qui vous est due, monsieur, etc.

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