‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 300 sur 405 · A M. LE MARÉCHAL DUC DE RlCHELlEt · texte numérisé non relu

A M. LE MARÉCHAL DUC DE RlCHELlEt

A Fernejr, 1 8 féTrier.

Je suppose» monseigneur, que vous avez toujours vos ports francs. Ainsi je vous envoie, par Lyon en droiture, les pauvretés que vous avez daigné me demander ; mettez-les dans votre bibliothèque comme un hommage, et surtout ne les lisez point.

Le procès de madame de Saint-Yincent vous fait perdre assez de temps, n*en perdez pas avec moi.

Il me parait que les voix se réunissent à mon avis, qui était que M. Tronchet fût plus court, plus clairet plus intéressant : heureusement les preuves sont si fortes, qu*elles n*ont besoin d*aucune éloquence. Tous les faits sont incontestables. Je suis bien sûr que vous êtes très-tranquille sur cette misérable affaire, qui, au fond , n*a d'autre singularité que Texcès de Tabsurde friponnerie qu'on vous a faite. Je suis dans une position plus cruelle : j'essuie à la fois vingt revers iiattendus, et je suis fort près d'une mort attendue depuis longtemps. Vous savez bien que je vous serai

allaché jusqu au dernier moment de ma vie avec le plus tendre respect.

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