A M. DE CHABANON
J'ai reçu de vous, mon aimable ami, une lettre datée de Lyon, du 14 auguste, ou août, dans le temps que je vous croyais à Paris. Yons me parlez d'une plainte que le concile des Augustins a faite contre le profane La Harpe. Ce profane, couronné de deux lauriers, ne me parle point de cette plainte sacrée ; mais ces messieurs du concile sont toujours aussi redoutables qu'ils sont vénérables, et je les respecte au point
43«i 1.KTTRES INÉDITES
que je crois devoir resler toujours le plus loin d*eiu
que je pourrai.
Vous ne doutez pas que je ne fasse charmé de me trouver quelque temps à Paris entre vous et vos amis; mais je pense qu'il faut que Termite Paul meure dans saThébalde. Le fracas du monde est trop à craindre; de plus, nous bâtissons actuellement vingt monastères nouveaux pour des pénitents et des pénitentes qui viennent servir Dieu dans nos déserts.
Je ne connais point le mémoire nouveau de la famille Saint-Vincent y et je doute qu'on ait pu faire quelque chose de raisonnable dans cette affaire si infâme. Si vous avez cette pièce, je vous serai très-obUgé de me Tenvoyer; car il faut que j*aie tout ce qui s'est fait dans cet étrange procès, qui ne finira pas sitôt. J*aimerais bien mieux avoir quelque nouvel ouvrage de vous, quelque jolie pièce de vers, telle que vous en faites si souvent. Et j'aimerais encore mieux vous avoir àFerney; car il n'y a que votre personne que je puisse préférer à vos ouvrages. Madamer Denis , qui pense comme moi, vous regrette et soupire après vous. Souvenez-vous de nous quand vous souperez avec M. d'Argental. — V.