‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 341 sur 405 · A M. GABRIEL CRAMER · texte numérisé non relu

A M. GABRIEL CRAMER

^•' fétrier.

MoQ cher aoii, vous savez sans dout^ que Bardif), libraire de Genève, a envoyé à tous les joury^^ux up avertissement concernant une prétendue éditîpo fff mes ouvrages en quarante volumes ^ imprimés^ dit-i), f^ de beau papier imprimé exprès avec une ^nç^dnfrfi /içère à tous les volumes y etc.

Il m'esjt tombé par hasard entre les m^s quelques volumes de cette infâme édition de Bardin, dans lissr quels j*ai trouvé des pièces abominables ppptre U» mœurs, contre la religioa et mntre des personnes f/bSt pectables.

Je ne vous parle point des autres pièces qui me sont attribuées, et qui ne sont pas de moi. Elles sont en très-grand membre. Je serai dans la triste nécessité, aoarseulement àa disavitHier eelte édition, mais d- en demander la suppression dans toutes Les villes nù ella pourra avoir été envoyée.

Je ne connais point Bardin ; je ne )*ai jamais vu ; je n'ai depuis plus de quinze ans aucune correspondance avec Genève. Vous êtes plus à portée que personne de confirmer cette vérité, vous qui avez été si Longtemps mon voisin et qui m*avez fait Le plaisir d'habiter mon château de Tournay.

J'apprends avec douleur qu'une grande partie de

cette édition de Bardin se trouve, à Paris, chez un homme de votre connaissance, qui n*a aucun intérêt à me faire de la peine, et à qui je serais très-fâché d'en faire ; mais vous sentez à quoi m*obligent mon honneur, mon intérêt et. celui de ma famille.

Vous devez avoir du crédit dans la ville de Genève; votre famille y est honorée. Je vous prie très-instamment de vouloir bien venir chez moi, quand le temps le permettra, pour prendre avec votre ancien ami toutes les mesures qui pourront prévenir ou étouffer un scandale si dangereux. J*irais chez vous si je pouvais sortir. Je recommande cette affaire à votre amitié et à votre probité.

Je prie madame votre femme de me mander si elle a reçu les papiers de M. Lefort que je lui ai renvoyés, concernant la demande de M. Lefort à Timpératrice de Russie. — Je vous embrasse avec une tristesse extrême.

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