A MM. DE LA RÉGENCE DU CANTON DE BERNE
14 novembre.
Sur ce que M. de Crassy m*a fait Thonneur de me dire au sujet du sel de la province de Gex, j'oserais représenter à Leurs Excellences que l'intérêt de leurs sujets est le même que le nôtre ;
Que les commis des aides et gabelles de France, dont nous sommes délivrés, ne peuvent plus empêcher que nous vendions du blé aux Bernois, et ne peuvent plus leur faire payer des traites considérables au passage de Versoy.
Sur ce fondement, la province de Gex s'est soumise à payer en indemnité aux fermiers généraux trente mille francs par année , et nous avons obtenu du roi la permission indéfinie d'acheter et de vendre du sel où nous voudrions.
Il s'agirait actuellement d'obtenir de Leurs Excellences assez de sel pour fournir dix mille écus de bénéfice à la province , qui n'est pas actuellement en état de les payer à la ferme générale de France.
Si on peut obtenir des délais de MM. les fermiers
518 LETTRES IMÉDITBS
généraux, oomme cela se pratique lrè9*muTent , je m'engagerais à acheter dans le canton de Berne, sous le bon plaisir de Leurs Eicellencee, asses de sel pour le faire rendre au profit de la province de Gex, pour Taider à payer les dix mille écus convenus.
Pour ceteffety je supplierais Leurs Excellences d'ordonner qu'il ne fût vendu dans leur souveraineté aucun sel qu en mon nom et à mes ayants-cause pour le pays de Gex. Je ferais payer ce sel aux ordres du souverain conseil de Berne, aux termes et au prix qu'il jugerait à propos de me prescrire.
Je tâcherais, par là. d'être utile au pays de Gex, el de mériter les bontés de Leurs Excellences.