II
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La Barre eût laissé un fils qui eût vengé ainsi Ta sinat juridique qui a fait périr son père !
Je ne sais point la demeure du jeune M. de Lally : TOUS me fîtes Vhonneur^ monsieur , de m*écrire il y a quelque temps que tous vous intéressiez à ce brave gentilhomme ; vous eûtes même la bonté de me faire parvenir une de ses lettres, si ma mémoire trop affaiblie ne me trompe pas. Souffrez donc que je prenne la liberté de vous adresser le paquet que je lui restitue. Souffrez aussi que je présente mes adieux respectueux à M. de Fourqueux et à madame d'invan. Personne n*a plus senti que moi le prix de vos bontés, de votre bienfaisance, de votre sage philosophie. Je ne suis plus qu'une ombre, mais cette ombre est pénétrée pour vous du plus tendre attachement, comme du plus profond respect.
Un vieillard de quatre-vingt-trois ans, tombé deux fois dans une espèce d'apoplexie, n*a pas trop la force d'écrire à Caton. Cependant, ayant entendu dire que Caton a daigné indiquer un rapporteur digne de lui au conseil des parties, pour plaider la cause de douze mille esclaves de six pieds de haut contre vingt petits cha* noines ivrognes, jadis moines de Saint -Benoit, et pour tâcher d'obtenir, s'il est possible, que ces douze mille citoyens soient sujets du roi au lieu d'être esclaves de moines, ledit apoplectique se jette aux pieds de monseigneur Turgot pour le remercier trèshumblement.
DE VOLTAIRI (1771). S3I
Un jour il arrivera peut-être qu'on sera assez sage et assez heureux pour remettre les étables d'Augias entre les mains d'Hercule ; alors il fera ce qu'on a fait ailleurs : saint Bernard et saint Benoit n'auront plus de serfs de main-morte.
Le vieux mourant va bientôt partir dans celte douce espérance, et sera attaché bien respectueusement au vertueux Caton jusqu'au dernier moment de sa vie.