A MADAME NECKER
22 octobre.
Madame, voua me fîtes une fois ThoDueur de m'écrire, et je répondis à M. Necker par pure bétisoi ayant
DE VOLTAIRE (1777). Mi
pris votre écriture pour la sienne. Aujourd'hui , M. Necker m*honore d*une très-belle et Irès-consolapte lettre, et c*est à vous que je réponds. Je vous demande, madame, une très-grande grâce, c'est de le remercier pour moi. Yous avez plus de temps que lui, quoique vous n'en ayez guère, et vous avez toujours eu de la bonté pour moi. Je ne veux pas qu'il reçoive une lettre où il serait question de Zaïre, parmi une foule de placets et des comptes des fermes générales. Je vous supplie seulement, madame, de lui dire combien j'ai été touché de ce qu'il m'a écrit.
Soyez bien persuadée que je viendrais me mettre au nombre de vos courtisans, si mes quatre-vingt* quatre ans, mes quatre-vingt-quatre maladies et mes quatre-vingt-quatre sottises ne me retenaient au bord de votre lac» que. Dieu merci, vous ne reverrez plus.
Souvenez-vous un petit moment de votre respectueux et fidèle serviteur.