‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 392 sur 405 · A M. TABAREAU, A LYON · texte numérisé non relu

A M. TABAREAU, A LYON

Je fais mon compliment, monsieur, à la ville de Lyon sur les droits qui lui sont rendus; mais je ne loi fais point mon conipliment, si elle pense qu'il y ait jamais eu un projet de déclarer Jean -Jacques le Cromwell de Genève. 11 est vrai qu'on a trouvé dans les papiers du sieur Niepz un mémoire de ce polisson

SUPPLÉMENT (17 66) tm

pour bottleterser sa iaupinièrey et je vous réponds que si Jenn-Jacques s*avisail de venir, il courrait grand risque de monter à une échelle qui ne serait pas celle de la fortune. Mais tous ne vous souciez guère des affaires de Genève : elles sont fort ridicules; elles fini-* ront de façon ou d*autre, comme le roi voudra.

Vous m'avez envoyé deux vers latins qui ne valent pas le diable, et qui, comme vous le dites très-bien, sont très-mal imités de Martial : en voici de français qui ne valent guère mieux, et que je vous prie de jeter au feu dès que vous les aurez lus. J'ai retiré autant que j*ai pu tous les exemplaires qn*on avait imprimés à mon insu ; je suis trop attaché à sainte Geneviève pour vouloir jamais rien faire qui lui déplaise. Il est vrai qu'elle commença par voler son maître qui était boulanger; mais c'était à bonne intention.

Si vous n'avez pas lu le mémoire de M. de la Chalotais, j'aurai l'honneur de tous l'envoyer dès que ceux à qui je l'ai prêté me l'auront rendu; c'est un morceau très-curieux.

Là France détruite existe; il y en a à Genève deux exemplaires, et je n'ai pu les avoir. Je soupçonne que cela a été imprimé à Paris.

Je souhaite passionnément que vous puissiez faire un tour à Genève quelque jour : je vous ai vu peu« et vous m'avez inspiré un très-grand désir d'avoir l'hon* neur de vous revoir.

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