A M. LE DUC DE PRASLIN, MINISTRE DE LA MARINE
A Ferney, 14 janner.
Monseigneur,
Pardon ; je tremble de fatiguer vos bontés. Voici le seul papier justificatif concernant les diamants vo-
lés par MM. de Tunis. Si jamais vous daignez prendre la peine de battre ces barbares, je vous supplierai alors de faire comprendre les diamants dans les articles de paix que vous daignerez leur accorder.
J'ai toujours été émerveillé que les princes chrétiens, qui se font quelquefois la guerre de gaieté de cœur, ne s'accordassent pas à jeter Tunis et Alger dans leurs ports. Voilà de plaisants successeurs des Carthaginois que ces voleurs de Tunis!
On dit que vous avez une très-florissante marine. Permettez à un de vos vieui courtisans de s'intéresser passionnément à votre gloire. J'ai l'honneur^ etc.
A M. SAURIN
21 mars.
Mon cher confrère, vous voyez par ma réponse combien je mérite peu que madame Saurin veuille bien baiser ma'barbe ^ Si on pend Grizel, je vous prie d'ob* tenir qu'on me nomme pour son confesseur. Vous verrez avec quelle sainteté je m'acquitterai de cette douce commission. Votre invariable partisan et ami , frère François, V.