II
17$ SUPPUMUIT (1771).
faire un petil envoi qui ferait trembler la Sainte^Hermandad. M. Yasselier en aura sa part, comme de raieon.
Mille tendres amitiés à l'un et à Tautre.
Le Tieil aveugle de Femey.
Voulez^Tous bien me permettre de vous adreeser ce paquet pour Rosset?
A M. MARIN
10 antvia 177t.
Il 7 a dans la maison , mon cher ami, un laquais qui a été Tintime ami de Du Jonquay, qui a bu souvent avec lui, qui connaît ses sœurs. Il dit que Tune brodait pour les marchands du Pont-au-Change, et Tautre travaillait en linge; que c'est d'ailleurs une honnête famille dont la grand'mère prétait sur gages. Il faut espérer que toute cette impertinente histoire «era tirée au clair. Mais que dites-vous de Catherine seconde, qui augmente d'un cinquième la paye de ses troupes après quatre ans de guerre? Il faut croire que du moins en France on nous rendra ce qu'on nous a pris.
Voulez-vous bien avoir la bonté de faire parvenir ces deux chiffons à leur adresse? Je vous embrasse tendrement.
* A MADAME U PRÉSIDENTE DE MEYNIËRES (yeuvb belot).
▲ Fenty, 9 aeploBbrt.
Un vieillard presque octogénaire, madame, tout accablé qu'il est de maladies, n'a pu recevoir ie$ marques de confiance de M. votre fils et lire son
excellent mémoire, sans se ressouvenir du mérite de madame sa mère, et des bontés dont elle Ta honoré autrefois.
Recevez mes très-sincères compliments sur votre nouvelle union, qui doit faire deux heureux, si le mot d'heureux est fait pour les pauvres mortels. Vous vivez avec Thomme du monde le plus estimable et loin des tracasseries de Paris ^ Si avec cela le bonheur n*est pas chez vous, il n*est nulle part. Il y a plus de vingt ans que j*ai trouvé dans la retraite ce bonheur après lequel tout le monde court dans les villes.
Je vous souhaite surtout à M. de Meynières et à vous une bonne santé, sans laquelle il n'y a rien. Je ne Tai jamais eue, cette santé si nécessaire; j'ai vécu pour souffrir; ainsi, ce que j'appelle mon bonheur n'est que ma consolation.
J'ai bâti une espèce de petite ville; j'y ai fait venir une colonie; j'y ai établi des manufactures, et puis j'ai dit: Tout est vanité. Mais ce qui n'est point vanité et ce qui pourrait nourrir en secret la mienne, c'est la lettre dont vous honorez ce pauvre malade, qui présente ses respects à monsieur et à madame.
kV rATlUOn PB tAIHT-CLOUS, ▲ PABI0.
▲ Feney, 80 octobre.
Oui, madame, j'ai osé écrire à Horace, et je n'ose vous envoyer mon épttre : la raison en est qu'elle n'est point finie. Ce n'est qu'une esquisse sur laquelle j'ai
< Ils demearalent A Challlot.
consulté M. d*Argenlal; car il faut toujours consulter, dans les choses même où Ton croit avoir raison. Je devrais vous consulter plus que personne; mais vous m'intimideriez par ces trois lignes que je trouve dans votre lettre. Les voici :
i( Je crois que Ton blasphème, lorsqu'on assure que «vous avez heurté par distraction des vérités, des « maximes que vous avez enseignées. »
Vous m'avouerez, madame, que pour m'inspirer une pleine confiance, vous devriez bien commencer par me confier ces accusations terribles dont je ne me sens point du tout coupable. Il faut dans les traités que la bonne foi soit réciproque : dites-moi hardiment ce que vous avez sur le cœur, et je vous répondrai de même. Si je suis assez téméraire pour n'être pas de votre avis, ce sera en vous estimant et en vous respectant de toute mon âme. H y a longtemps que ces sentiments sont gravés dans mon cœur, et rien ne les effacera.
J'en dis autant à M. le président de Meynières. Le vieux malade de Ferney.