‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 55 sur 405 · A M. BORDES · texte numérisé non relu

A M. BORDES

À Ferney, t9 joiUet.

J*ai reçu, mon cher confrère, une lettre de ma* dame Oliver ^ ou Olivier^ ou Olinen; je n'ai pu lire son écriture. Je vous supplie de lui dire qu'elle aura incessamment ce qu'elle demande, soit d'une manière, soit d'une autre. Il y a en effet dans ces deux petits livres des anecdotes très-curieuses. On a voulu faire réimprimer les feuilles qui contiennent ces. anecdotes historiques, dont quelques-unes sont tirées des registres du parlement de Paris, et qui ne se trouvent point ailleurs. Les troubles de Genève ont malheureusement retardé l'exécution de ce projet utile.

Je vous supplie d'assurer cette dame que son livre est en sûreté, et qu'il lui sera infailliblement remis dans le courant du mois où nous allons entrer; qu'on prendra toutes les précautions nécessaires pour le lui faire parvenir sûrement, malgré l'interdiction de tout commerce.

Conservez-moi vos bontés, et comptez sur l'amilié inviolable de votre très-humble, etc.

▲ Ferney, l*** toguite.

J'ai reçu, monsieur, la lettre, dont vous m'honorez,

du 22 juillet) mais non pas celle que vous m'annonces du 21 par le major de la Légion. Il faut qu'elle ait été perdue avec quelques autres.

Vous a^iez bien raison^ monsieur; le livre intitulé kt HomtMê n'est pas fait par un homme fin'. Si celui du Soldai-aux'Gardes était en effet d'un soldat^ il faudrait le faire aide-major; mais je soupçonne qu'il est du chevalier de la Tour, qui l'a mis, pour se réjouir, sous le nom d*un caporal de sa compagnie. Ce caporal m'a envoyé le livre avec une belle lettre, et j'ai encore peine à le croire l'auteur.

Je suis pénétré de vos bontés ; je voudrais pouvoir les mériter; mais un pauvre anachorète ne peut vous présenter que ses regrets et son respect. Agréez, Monsieur, ces sentiments de votre très-humble, etc.

K»8. — A M. DE CHENEYIËIIES.

18 logaste.

Mon cher et ancien ami, je ne vous écris que dans les occasions. Je suis si vieux et si malade qu'il n'y a plus moyen d'écrire pour écrire.

Voici un mémoire que j'ai été forcé de faire ; il s'agissait de l'honneur de la maison royale, de celui des lettres et de la vérité. Jugez de l'atrocité des calomniesl Je vous prie d'envoyer ma lettre et un mémoire à M . de La Touraille; ma lettre pour lui est toute ouverte; vous savez que messieurs des postes ne permettent guère qu'on adresse, à ceux qui ont leur port franc, des paquets

* V. Œuvres campL, t. 44. DrtHU det hommes.

DE V0LTA1RB (1787). UH

pour d'autres qu'eux. Il y a des entraves partout. Je TOUS embrasse tendrement; maman Denis en fait autant.

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