A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICIMJEU
A ftraey, tt tagaito.
Vous m*avez ordonné, monseigneur, de donner dix louis d'or à Galien ' ; mais Toilà un compte de sept cent Tingt-deux livres neuf sous, dont je vous enverrai tous les articles signés, quand j'aurai achevé de tout payer. De la façon dont il y allait, sa personne revenait à deux mille livres par an. Il a un frère qui a été à Maroc à meilleur marché. Je crois qu'il aura toute sa vie la reconnaissance qu'il vous doit, que M. Hennin le stylera et le fera beaucoup travailler. Son poste, qui lui vaut mille francs par an, outre le logement, la nourriture et le chauffage, pourra bientôt lui valoir plus de cent louis d'or, en vertu d'un arrangement pour les certificats de vie et pour les passeports; plus il aura, plus il devra vous être obligé. Il parait être pénétré de vos bontés.
J'eus l'honneur de vous adresser, par la dernière poste, deux exemplaires de la nouvelle édition des Scythes^ l'un pour vous, l'autre pour le théâtre de Bordeaux; mais j'implore toujours votre protection pour le Fontainebleau prochain.
J'espère, avant de mourir, vous envoyer un petit divertissement pour vous amuser dans votre royaume.
1 Tronchin, qui avait soigné un protégé do maréchal. * Résident à Genève.
116 LETTRES INfiDITES
Conservez-moi vos bontés, et agréez mon attachement et mon respect.
La malheureuse aventure de Sainte-Foi^ ayant été depuis longtemps représentée au Conseil du roi sous les plus noires couleurs^ a nui beaucoup à Taffaire des Sirven, comme je Vavais prévu. Les Sirven avaient été renvoyés par la commission des conseillers d*État ordinaires par-devant le roi lui-même^ pour obtenir la cassation de la sentence confirmée par le parlement de Toulouse. Mais ce parlement a représenté avec tant d*opiniâtreté son droit de ressort contre les condamnés contumaces^ droit en effet établi pour tous les parlements du royaume, que le Conseil a craint les mouvements de toute la magistrature. Ces mêmes considérations ont empêché de signer Tédit, qui était tout prêt, pour légitimer les mariages des Réformés.
Il n*y a d*autre parti à prendre que celui d'attendre tout du temps. Il faudrait n'avoir que de loin en loin des assemblées publiques, et se contenter d'inspirer l'horreur pour les superstitions et pour les persécutions dans quelque petit livre à la portée de tout âge, que les pères de famille liraient à leurs enfants tous les dimanches. Les nouvelles sottises du pape et des jésuites ouvriront tôt ou tard les yeux du ministère.
* D'après ane note du manuBcrit, cette lettre serait adressée à l'abbé Andra, professeur royal à Toulouse.
* Un euré avait été indignement maltraité par des protestants.