‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 97 sur 405 · A M. LE COMTE DE WAAGBMONT · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE DE WAAGBMONT

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Le solitaire , monsieur, à qui vous daignez vous expliquer avec confiance, le mérite du moins par son

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extrême attachement pour vous. Il croit, comme tous, qu*oû casse des cruches de terre avec des louis d*or, et qu*après s*étre emparé d*uii pays très-misérable, il en coûtera plus peut-être pour le conserver que pour l'avoir conquis. Je ne sais s*il n*eût pas mieux valu s*en déclarer simplement protecteur avec un tribut ; mais ceux qui gouvernent ont des lumières que les particuliers ne peuvent avoir. Il se peut que la Corse devienne nécessaire dans les dissensions qui surviendront en Italie. Cette guerre exerce le soldat et l'accoutume à manœuvrer dans un pays de montagnes.

Je sais bien que l'Europe n'approuve pas cette guerre; mais les ministres peuvent voir ce que le reste du monde ne voit pas. D'ailleurs cette entreprise étant une fois commencée, on ne pourrait guère y renoncer sans honte.

Si vous voyez M. de Ghauvelin, je vous supplie, monsieur, d'ajouter à toutes vos bontés celle de lui dire combien je m'intéresse à lui. Je lui suis attaché depuis longtemps. La nation corse ne méritait guère qu'on lui envoyât l'homme le plus aimable de France et le plus conciliant.

Je vous tiens très-heureux, monsieur, de pouvoir passer votre hiver auprès d'un homme aussi généralement aimé et estimé que M. le prince de S... (Soubise). Il me semble que le public rend justice à la noblesse de son àme, à sa générosité, à sa bonté, à sa valeur, et à la douceur de ses mœurs. Il m'a fait l'honneur de m'écrire une lettre à laquelle j'ai été extrêmement sensible; cela console ma vieillesse qui devient bien infirme. Je mourrai en le respectant. Je

VOUS en dis autant, monsieur, et du fond de mon eœur.

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