‹ Lettres inédites des Feuquières (volume 2)Chapitre 13 sur 48 · DU MEME A M. DE REBENAC · texte numérisé non relu

DU MEME A M. DE REBENAC

A Paris, le 16 mai 1680.

Je vois, Monsieur, par la lettre que vous m'avez fait f honneur de m'escrire le 3 de ce mois que vous n'avez pas esté autrement satisfait de la résolution que Monsieur vostre frère et moy avons prise de transporter à Catillon les trois derniers quartiers de vos appointements de cette année. De bonne foy, je ne vois pas quelle raison vous en avez , car il me paroist que c'est un assez grand avantage pour vous de faire cesser dès à présent les intérests de cette somme, et que, dailteurs Madame de Rébe-

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nac pourra pourvoir h vostre subsistance. Il faul une fois examiner si vous vouiez payer ou non. Si cela est, il faut de nécessité que Madame de Rébenac envoyé de l'argent. Ne vaut-il pas mieux quelle vous en envoyé pour vostre subsistance, et que nous profitions de la bonne volonté de Gatillon pour luy transporter cette somme de 13 500 livres dont les intérests cessent dès à présent ? Aussitost que la donation sera réglée par les estats, je la luy transporteray demesme,et comme je crois quelle sera de 14 000 livres, nous ne luy devrons plus qu'une somme médiocre.

J'ay compté avec luy le 6 de ce mois, qui a esté le jour du transport. Nous luy redevions 37 900 livres, et tous les intérests, à compter du 21 octobre 1678 que j'ay traitté avec luy, se montent à 2 258 livres, ce qui n'est pas assurément excessif, car il s'engagea d'abord pour nous à 30 000 escus , et le premier payement que je luy ay fait de 24 000 livres n'a esté qu'au mois de décembre. Ce que vous devez donc présentement n'est que 24 500 livres de principal et 2 258 livres dintérests , ce qui fait 26 758 livres , et lorsque je luy auray fait le transport des

I k 000 livres de gratification , vous ne luv devrez plus que 12 75 s livres, avec quelques intérests de cette somme de 26 758 livres depuis le 6 may jusques au jour que nous ferons ce second transport.

II me paroist que ce n'est pas mal avoir arrangé vos

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affaires , puisque, sans avoir vendu aucune de vos charges , vous serez bien près d'avoir acquitté celle de lieutenant-général de Béarn. il est vray qu'il faut que vous subsistiez, mais enfin il faut que Madame de Rébenac fasse de nécessité vertu ; elle peut ménager sur ses revenus et faire quelques légers emprunts qu'il luy sera aisé de rembourser les années suivantes, et vous devez en vostre particulier estre plusmesnager que vous ne lavez esté jusquesà cette heure, car pourquoy diable dépensez-vous par mois au delà des \ 500 livres que le Roy vous donne ?

Monsieur vostre frère vous mande la nouvelle de la sortie de M. de Luxembourg delà Bastille, mais Tordre qu'il a reçu en mesme temps de se retirer dans une de ses terres, à trente lieues de la cour. Je suis , Monsieur , etc.

DE M, DE FEUQUIERES A LOUIS XIV

A Halmstadt, le 19 mai 1680.

Sire, j'ai reçu mercredi la lettre du 3 de ce mois dont Vostre Majesté a eu agréable de mlionorer. Mais, comme la plupart des articles sont sur des sujets desquels j'ai desjà eu l'honneur de rendre compte à Vostre Majesté, et qu'à la vérité je suis, Sire, présentement trop ému du tour que Guldenstiern ma fait contre sa parole , contre la justice et toute

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lionuesleté, pour parler d'autre chose, je supplie liuniMement \ ostre Majesté de nie permettre que, toute affaire cessante , j'emploie le peu de temps qui me reste à la relation du mariage du roy de Suède * , duquel j ai esté exclus, tant s'en faut qu'après les déclarations que j'ai faites par ordre de \ ostre Ma-

1 En 1675, le roi de Suède Charles XI demanda en mariage Ulriqne-Éléonore , princesse de Danemark, fille de Frédéric III et sœur de Christian V. Mais cette alliance fut différée à cause des hostilités survenues entre les deux couronnes. Des obstacles plus grands encore semblaient s'opposer à cette union en 1676, par la demande que l'empereur Léopold fit aussi de cette princesse, dont pourtant il ne put obtenir la main. La paix, en 1679 , avant rétabli la tranquillité dans le Nord, les deux cours ne tardèrent pas à s'occuper des arrangements préliminaires de ce mariage. Le roi de Danemark s'engagea à fournir une dot de 100 000 riksdalers, indépendamment des bijoux et autres présents de noces. La dot que Charles lui destinait et qui lui fut accordée le lendemain du mariage, fut fixée à 32 000 riksdalers annuels et à un douaire de 34 000. Dans le cas où la reine survivrait au roi , et qu'elle voudrait alors quitter la Suède , elle aurait 232 000 riksdalers pour dédommagement. Ces articles une fois réglés , J. Guldenstiern fut charge d'aller chercher la jeune princesse et de l'accompagner dans son voyage. Elle arriva le 4 avril 1680 à Elsimbourg , où la reine douairière et toute la cour se rendirent et se trouvèrent sur le port pour la recevoir. Deux jours après , le mariage fut célébré à Skottorp en Halland. L'année suivante naquit la princesse Hedwig-Sophie , Charles XII le 7 juin 1683, et Ulrique-Eléonore en 1688 , outre plusieurs princes qui moururent dans leur enfance. La reine mourut en 1692, emportant tous les regrets que lui avaient mérités son esprit, sa clémence et surtout sa bonté, dont elle avait donné des preuves en engageant ses bijoux durant la guerre pour le soulagement des prisonniers suédois.

( LAGF.RimrNG , Hit t. tic Suède.)

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jesté, on se soil empressé de m'y convier, selon «fn Elle avoit juste sujet de le croire.

Pour ce qui est, Sire, des cérémonies, c'est si peu de chose , que, si je n y meslois ce qui ma em pesché d'y assister, la relation seroit fort courte. Vostre Majesté a vu dans mes précédentes des 5, 8 et 1 2 de ce mois , que la reine de Suède estoit partie avec la maison du roy pour aller recevoir la princesse àElsimbourg, qu'elles dévoient revenir ensemble en deux journées à une maison du sieur Ornestett, nommée Skottorp , qui est à environ dix lieues de France d icy , que, le jour mesme, le roy de Suède les iroit voir incognito et reviendroit coucher icy , et que le lendemain il devoit retourner au devant délies en cérémonie. C'étoitlà, Sire, que j'estois disposé à l'accompagner à cheval ou en carrosse, selon le parti qu'il prendroit, ayant prépaie l'un et l'autre, affin qu en toutes manières je prisse le rang sur les ambassadeurs de Danemark , soit pour nos personnes soit pour nos carrosses.

Vostre Majesté a vu aussi que Ornestett et après lui J. Guldenstiern m avoient laissé dans l'opinion qu on chercher oit des expédients pour la cérémonie du mariage, desquels Vostre Maj es lé auroit satisfaction. Ils m'avoient les premiers fait une difficulté sur les rangs, et moi je n'avois parlé simplement que d'assister, esloignant autant que je pouvois toute question de compétence.

Le joui' venu, Sire, où les reines dévoient arriver à Skottorp, qui estoit jeudi, le roy de Suède sortit de grand matin, le nez dans son manteau, passa par unerue détournée, lui troisième seulement. Cela me fut rapporté bientost après, et je n'y fis pas d'autre réflexion , connoissant ses manières, et sçachant bien que, pour revenir le mesme jour, selon le projet, il n'avoit guères de temps à perdre. Néantmoins , Sire , sur les onze heures le maistre des cérémonies m estant venu voir, et ayant affecté d'abord de me dire que le roy dormoit longtemps ce jour là, je me doutay de quelque finesse. Mais de partir sur une si foible conjecture , contre un projet qui avoit esté arresté , contre l'opinion de toute la ville, je n'y vis, Sire, nulle apparence. J'appréhendai aussi d'arriver trop tard ou de faire une équipée sur ce sujet. J'envoyai seulement un homme sur les lieux pour contenter ma curiosité. Il arriva sur les huit heures du soir, qu'on ne parioit encore de rien , et il vit seulement les ambassadeurs de Danemark qui prenoient la première audience du roy; sur les onze heures on commença à parler de nopces , et elles commencèrent à minuit. Les espousés estoient habillés de blanc. Le roy se mit à sa place et la mariée y fut menée par les deux ambassadeurs; la place estoit un pupitre au milieu de la salle avec deux fauteuils . et un poésie dessus, le tout de brocard d'argent. La reine mère

estoit dans un fauteuil, à main droite du roy; les ambassadeurs se tinrent debout du costé de la mariée. Toute la cérémonie dura environ une heure , après quoi on présenta des confitures, et chacun se retira. Le roy alla dans sa chambre, où il soupa avec le colonel de ses gardes et le maréchal de la reine mère; les deux reines dans celle de la reine mère, où elles soupèrent aussi. Les deux ambassadeurs soupèrent d un autre costé avec Bent-Oxenstiern , Guldenstiern , le maréchal Aschemberg et quelques autres des principaux. On demeura ainsi séparé durant deux heures, sans danse ni autre musique que des tymbales. Et puis on coucha les mariés. Mon homme me rapporta tout cela sur les six heures du matin , et je partis , Sire , à neuf heures, envoyant devant moi un gentilhomme pour faire demander par le maistre des cérémonies audience au roy et aux reines.

Je rencontrai à la moitié du chemin Guldenstiern qui venoit icy ; nos carrosses arrestèrent. Il faisoit le rieur d une manière qu'à la vérité je trouvai choquante, disant qu'il avoit à me parler. Je lui dis: « Mettons pied à terre. » 11 me proposa de retourner sur mes pas. Je lui demandai : « Est-ce que le roy vient? » 11 répondit : « Je le crois. » Je répliquai : u Oh! vous le croyez! Fouette cocher! » Et nous nous séparâmes ainsi. Je ne l'ai pas vu depuis.

Estant, Sire, assez près d'arriver, je rencontrai

\5k LETTRES INÉDITES

les ambassadeurs de Danemark qui venoient a llalmstadl. >iousnoussaluàmessansarrester. J a\ois, Sire, espéré que je les trouverois à Skottorp el que, la maison estant petite, j'aurois aisément l'occasion de les rencontrer et de prendre le pas sur eux ; mais peut-estre qu'ils voulurent l'éviter; car, quand mon gentilhomme arriva, on ne parloit point encore qu'ils dussent partir. Estant, Sire, arrivé, le maréchal du roy et le maistre des cérémonies me recurent à la descente du carrosse et me menèrent à

la chambre du roy , à qui je fis le compliment que Vostre Majesté verra cy-j oint1. M. Bent-Oxenstiern,

1 Compliment de M . de Feuquières au roi de Suède.

A Hahnstadt, le 17 mai 1680.

« Sire, encores que je n'aie pas esté assez heureux pour assister à la cérémonie du mariage de Vostre Majesté, selon l'ordre que j'en avois du Roy mon maistre , que j'avois fait connoistre à Messieurs de vostre conseil, néantmoins , Sire, ayant sçu jusques icy les sentiments de Sa Majesté , je crois ne pouvoir manquer, en attendant l'honneur de ses commandements plus exprès, d'assurer Vostre Majesté que cette nouvelle lui sera très-agréable. Car, Sire, S. M. qui aime véritablement vostre personne , ne seroit pas entièrement satisfaite de vous avoir fait rendre par ses armes tant de provinces et de places , si Elle ne vo\ oit Vostre Majesté assurée, moyennant la grâce de Dieu, d'en jouir plus longtemps dans la compagnie d'une princesse à qui il ne manque rien du tout de ce qu'on peut désirer en une grande reine , et de les laisser après soi à des princes qui ne pourront estre que trèsgrands, estant issus d'un assemblage de toutes sortes de vertus. Cependant , Sire , je supplie très-humblement Vostre Majesté de me permettre de lui tesmoigner en mon particulier la double joie que j'en ai , et comme vostre très-humble serviteur qui a essayé de vous tesmoi-

sans l'expliquer , fit la response. Il me dit pourtant, un peu après qu'il l'avoit expliqué ; mais à tout hasard , j'ai , Sire , trouvé à propos depuis de le lui donner par escrit.

Au sortir de la chambre du roy , je dis à mes conducteurs que je les suivrois partout, ne sçachant point encore le rang qu'on donneroit aux reines. Ils me menèrent inconsidérément chez la jeune; ce qu ayant reconnu, je leur dis qu'ils avoient donc réglé le rang des reines comme en Danemark; ils répondirent que, tout au contraire, mais qu'ils avoient cru que j'aurais plus de curiosité de voir celle-là que l'autre ; il fallut , Sire, que je leur disse que je me deschargerois sur eux, si l'une des deux reines me sçavoit mauvais gré , sur quoi ils me firent retourner. Vostre Majesté voit par là comment chacun fait sa charge en cette cour, à commencer par le premier ministre. Je ne rapporterai point icy, Sire, les compliments que j'ai faits à ces deux princesses, parce qu'il n'y a rien de considérable.

Mais, pour revenir à l'autre, je n'ai pas cru, Sire, qu'après avoir déclaré que Vostre Majesté in'avoit commandé d'assister aux nopces, etqu'Elle ne doutoit pas qu'après cette déclaration, je n'y régner son zèle en toutes les occasions, et parce que, en vérité, Sire, cet évesnement me paroist l'accomplissement du plus beau dessein du Roy mon maistre, en donnant la paix à l'Europe, et un véritable trophée de Sa Majesté.»

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russe toute satisfaction . je n ai pas cru, dis-je, Sire, qu'après cela et après ce qui ni avoit esté dit, qui me (lonnoit lieu à croire qu'on y auroit esgard, je dusse passer sous silence la surprise qu'on ma faite. Dans la suite de la conversation, le roy de Suède dit de lui-mesme qu il sétoit marié par le conseil de Vostre Majesté , qu'il avoit suivi la mode de France en ne faisant point de cérémonies et qu'il avoit voulu donner exemple à ses sujets pour éviter les desp^nses superflues, .le répondis seulement, Sire, que je croyais que tout ce qu il faisoit estoit tousjours bien et demeurai dans le sérieux, sans donner aucune marque d'approbation ni de mécontentement qui pust faire juger auquel des deux sur mon rapport, pourroit incliner Vostre Majesté. J'observerai, Sire , la mesme conduite à cet esgard jusqu'à ce qu'il plaise à Vostre Majesté de m'honorer de ses commandements.

Je retournai, Sire, le mesme jour, qui estoit vendredi, en cette ville, ayant fait vingt lieues de France avec les mesmes chevaux. Hier, à neuf heures du matin , le roy de Suède arriva seul. Il falloit qu'il se fust levé de bonne heure , pour la seconde nuit d'un mariage, n'ayant esté couché que trois heures à la première. Ce n est pourtant pas qu'on lui scache aucune affaire. Les reines arrivèrent le

soir, avec huit beaux carrosses et assez peu d'autre suitle.

On avoit dit que le roy iroit au devant d elles; je pensois que les ambassadeurs de Danemark le pourroient accompagner; et, pour ne pas manquer de m'y trouver, quoique sans estre prié ni averti, car tout se passe en cachette de moi, j'estois sorti , Sire, en carrosse avec des chevaux de main ; et je me promenois , à costé du chemin , dans une bruyère, ayant laissé des sentinelles à la porte de la ville pour m'avertir si le roy ou les ambassadeurs sortiroient, afin, selon cela, de me joindre à la troupe, en carrosse ou à cheval. Mais ils ne sortirent point ; on a sans doute reconnu mon dessein ; et il m'est bien difficile de surprendre les ambassadeurs, parce qu'ils m'évitent.

Je les vis hier chez eux après que , selon Tordre, ils meurent notifié leur arrivée. Ils ont fait une prodigieuse despense, qui ne paroistra guère, ne croyant pas qu'en toute la cour de trois testes couronnées-il y ait quatre cents personnes, compris les valets. La suitte des ambassadeurs a esté si mal réglée , qu'il n'y avoit pas de quoi faire souper tous leurs gentilshommes le jour des nopces. Mais leur plus grand chagrin touche, ce me semble, leur princesse. Le roy de Suède, pour n'arriver trop tost au rendez-vous, s'estoit arresté à chasser, au lieu daller plus loin au devant d'elle, et chassa si longtemps, quoiqu'à la vue delà maison, qu'il y arriva une heure après elle. Il la trouva dans la

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chambre tle la reine sa mère ; elle se baissa fort bas, il la releva, la salua, fut un quart d'heure avec elie, puis se retira dans sa chambre, monta à cheval et alla voir ses troupes.

On parle de partir mardi ou mercredi , les ambassadeurs pour se séparer , le roy de Suède pour aller en diligence voir les places du costé de IVordvvège et les reines pour aller à Wasténa. .le ne scais pas encore, Sire, si je pourrai suivre le roy, qui va tousjours en poste , ou si je prendrai ce temps-là pour le rendez-vous que Y ostre .Majesté m'a commandé de prendre avec M. de Martangis.

Je viens , Sire, d'apprendre que le roy de Suède et les ambassadeurs de Danemark avoient dessein daller au devant des reines et qu'ils s'estoient préparés secrètement, s'imaginant que je n'aurois pas le temps de m'y trouver, mais qu'ayant sçu que mes chevaux estoient sellés et mon carrosse attelé dans ma cour, qui estoit pourtant fermée, ils avoient changé de dessein. J'avois la pensée de ne faire semblant de rien et de les laisser sortir , afin de les surprendre, mais j'ai appréhendé qu ils n'allassent que jusqu'à la barrière, et de cette sorte je naurois pas pu y arriver assez tost si mes gens n'avoient pas esté prests. 11 est difficile, Sire, de parer de tels coups contre deux nations qui s'entendent contre moi et qui ne combattent que par leur absence.

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On m'a dit aussi, Sire, que Guldenstiern commence à faire réflexion sur le manquement qu'il m'a fait, qu'il prétendoit tourner en raillerie. Il n'y avoit rien de si aisé que de taire toute la cérémonie sans marquer la primauté de Vostre Majesté , quelque soin que j'eusse pu prendre de la marquer , parce que les ambassadeurs de Danemark , qui furent tousjours du costé gauche m'auroient laissé la droite sans difficulté, et que le personnage qu'ils y faisoient ne me touchoil de rien, parce que ce n'estoit que celui de père de la mariée, qui se représente de la mesme sorte dans les mariages de la noblesse. Et en effet, quand la princesse eut à dire oui, elle se tourna du costé des ambassadeurs, pour leur en demander la permission par une révérence ; Vostre Majesté n auroit pris aucun intérest à cela ; en tout le reste , il n'y eut ni danse ni repas commun; enfin il n'y avoit que trop d'expédients, pour peu qu'on se fust aidé; et c'estoit ce qui me faschoit; ce premier ministre ne s est avisé d'aucun , ou bien a voulu exprès desservir Vostre Majesté. 11 en est blasmé icy tout ouvertement.

Rapprends aussi, Sire , qu'hier il a fait signer au roy le projet de tous les changements qu'il a faits dans tout le royaume, et qu'avant qu'ils s'exécutent, il tiendra ce prince en des marches continuelles, afin qu'aucun sénateur ne le puisse aborder. Je suis , Sire , etc.

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PI- LOUIS \IV A M. DE FEUQ1 [ERES

A Fontainebleau , le 6 juin 1680.

M. le marquis de Feuquières, vostre lettre du 12 may dernier ma appris 1 arrivée du roy de S. à Halmstadt et les assurances que Guldenstiern vous a données du désir qu il a de faire une étroite alliance entre mov et le rov son maistre. Je m'assure que de si bons sentiments luy auront fait trouver les moyens de vous donner à la cérémonie des nopces le rang qui est dû à vostre caractère, et que, comme il a vu luy-mesme que le roy de Danemark n'a pas hésité à contenter sur ce point le sieur de Martangis, le roy de Suède n'aura pas fait aussy de difficultés de vous donner en présence de l'ambassadeur de Danemark la place qui vous est due. Je seray bien aise d'apprendre par vos premières lettres tout ce qui se sera passé en cette occasion, à laquelle il estoit de mon service que vous fussiez présent; mais à l'avenir, dans les parties de divertissement ou de retraite que pourra faire ie roy de Suède , vous ne devez le suivre qu'autant qu'il l'aura agréable, et il suffira que vous fassiez vostre séjour dans les villes les plus proches de sa demeure , pour vous rendre auprès de ce prince et l'entretenir toutes les fois que les affaires dont vous estes chargé le pourront requérir.

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Je désire que vous ménagiez la bonne disposition où Guldenstiern se trouve à présent, en lui faisant entendre que tout ce qu'il vous a dit ma pleinement persuadé qu'il entre dans les véritables intérests du roy son maistre , et que , pour luy marquer l'estime que je fais de luy , je suis bien aise que vous contribuiez, autant qu'il pourra dépendre de vous, à affermir son crédit et augmenter la confiance que le roy de Suède prend en luy. Appliquez-vous à bien reconnoistre de quelle manière le commerce se pourroit establir entre mon royanme et la Suède, pour le rendre utile et commode h mes sujets, en sorte qu'ils en puissent tirer autant ou plus de profit que les Hollandois, quoique ceux-cy soient plus voisins de la Suède, et plus œconomes. Il fautaussy sçavoir à quel prix se vend le sel de Portugal en Suède, si cel uy de France ne s y pourroit pas débiter à plus haut prix , qu'est-ce que le roy de Suède peut faire pour favoriser ce commerce et celuy des vins de France, quels droits se lèvent sur le vin qu y portent les sujets des Provinces-Unies , et généralement tout ce qui se peut stipuler de ma part dans un nouveau traité, pour diminuer la répugnance qu'ont mes sujets à la navigation du Nord et leur y faire trouver un peu plus d'avantages.

Je reçois présentement vostre lettre du 19 may , qui m'informe de tout ce qui s'est passé à la cérémonie des nopces du roy de Suède et me fait voir v. 11

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qu'on n y a point pris d'autre expédient, pour ne pas manquer au raqg (jui est du a vostre caractère, que celuv de faire ce mariage secrètement et de ne vous en pas avertir. Quelque extraordinaire que soit ce procédé, il ne me donne pas lieu d en tesmoigner aucun ressentiment, puisque, le royde Suède n'ayant appelé que les personnes absolument nécessaires à la célébration de son mariage, et en ayant mesme retranché tous festins, danses et autres divertisse mens , je naurois pas raison de trouver mauvais qu il ne vous y eust pas invité, outre qu il ne peut jamais y avoir de compétence entre moy et le roy de Danemark. Ainsy vous avez bien fait de ne pas tesmoigner que vous en ayez esté offensé, et vous devez vous conformer aux désirs de ce prince de la manière dont je vous l'ay ordonné par mes précédentes dépescbes. Sur ce, etc.

DE MADAME DE SAINT-CHAMOND A M. DE FEUQlirERES.

A Séméac, le 8 juin 1680.

Je reçois présentement vostre lettre commencée du 1(1 de may et achevée le 5e, par où je vois combien vous avez pensé juste, mon cher frère, sur tous les procédés de M. deTourmont. Je suis persuadée qu'il est honneste homme, et il a paru bon amy en tout ce qui s'est passé ; mais , comme nous lavons

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bien cru, l'appréhension de s'estre engagé un peu hors de propos luy a fait faire des choses dont il pou voit bien se passer. Et ce qui m en fasche , est que je le crois la cause de la petite aigreur que je vois en vos enfants pour mon frère, pour avoir redit certains discours auxquels ils ont voulu donner tout le sens le plus sinistre qu ils ont pu , et que le comte de Gramont n'a jamais pourtant faits que pour suivre ses manières ordinaires de railler et de faire sa cour; ainsy, par exemple, dans l'envie qu'il eut, me venant voir, de me porter quelque nouvelle qui me seroit agréable , il pressa le Roy de luy accorder la permission de mon retour à Paris, et, pour l'y obliger, luy exagéra combien tous les Feuquières m'obsédoient, que j'en estois enthousiasmée etqu'estant aussi éloigné de moy qu'il estoit , il couroit risque de perdre ce qu'il en pouvoit espérer; et sur ce sens il a pu dire quelque raillerie , ce qu'il soustient pourtant nestre pas, que vostre lils, en qui jay recognu une naturelle antipathie contre luy et le nom de sa mère, a reslevée, ce qui m'afflige véritablement, cela n'estant point bien , puisque nous debvrions tous estre unis comme une mesme chose ; et cela sera pouf peu qu'il le veuille , ayant fort mis le comte de Gramont dans cette disposition ; vous sçavez qu'il est bon et que vous avez toujours vescu comme de véritables frères. Travaillez donc de vostre costé à rendre vos enfants raisonnables là-

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dessus. Le comte veut entreprendre avec chaleur de disposer les choses à faire qu'en temps et lieu M. de La Vie1 puisse avoir la survivance de son père \ Vous ne pouvez me faire un plus grand plaisir, mon cher frère, que de bien travailler à les réunir: il peut, et il le voudra, leur rendre toujours quelque bon office, maintenant toujours ses manières libres avec le Roy et les ministres3. In des plus considérables, qui est monseigneur de Louvois, a couché cette nuit icv où il a trouvé la maison si à son gré, qu'il ne pouvoit se lasser de le dire et de s'y promener. Nous luy avons fait bonne chère et il se loue fort de ma réception. Je le trouvay si humain et si honneste, que je ne lavois jamais vu de mesme, et d'une grande gayeté, à quoy contribue, je crois , la guérison qu il a trouvée à Baresges. Nous avons eu,

1 Gendre de M. de Feuquières.

2 M de La Vie, premier président du parlement de Navarre.

3 M. le comte de Gramont était alors déjà fort bien en cour ; dans la suite sa faveur, ou du moins celle de sa femme [Elisabeth Hamilton) s'accrut au point « que le bel air de la cour, écrivait Madame de Sévigné , « étoit d'aller à la jolie maison que le Roi avoit donnée à la comtesse « de Gramont dans le parc de Versailles [la maison des Moidineaux ). « Le comte disoit que cela le jetoit dans une si grande dépense , qu'il « étoit résolu de présenter au Roi des parties de tous les dîners qu'il y « donnoit ; c'étoit tellement la mode que c'étoit une honte de n'y « avoir pas été. La comtesse alloit tous les jours dîner à Mari) , et, le « soir, revenoit dans sa jolie maison vaquer à sa famille. Il étoit cer- « tain que le Roi l'avoit traitée à merveille; c'en étoit assez pour que « le monde se tournât fort de son côté. Mais le monde est bien plaisant ! »

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sur ce qui nie regarde, une conversation assez bonne, que l'occasion a fait naistre et nullement le dessein

DE M. DE TOURMONT A M. DE FEUQIJIÈRES.

A Fontainebleau, le 24 juin 1680.

Celuy qui a succédé à ma commission des Affaires estrangères est un M. Mignon1 qui estoit secrétaire de M. de Croissy, mais à qui il est défendu bien expressément d'escrire à aucun ministre du Roy au dehors.

Je travaille présentement chez M. de Louvois , et jay lieu destre extresmement satisfait de la manière dont il me traitte, et de la confiance qu il veut bien prendre en moy. Le travail auquel il ma destiné ne m'oblige point encore à estre toujours auprès de Iny; ainsy je crois que je ne le suivray point dans le voyage que le Roy va faire. Je suis , Monsieur, avec tout le respect possible , vostre trèshumble et très-obéissant serviteur.

DE M. LE MABQUIS DE PAS A M. DE FET QUIERES

A Paris, le 21 juin 1680.

Jay reçu vostre lettre du 27 may, à laquelle je vas respondre en vous disant, Monsieur, qu'il est difficile de juger des impressions qui peuvent estre

1 Voir la note de la page 131.

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restées, que, par ce qui nousparoist, M. de Luxembourg est pleinement justifie', et cependant il est disgracie; cela marque que les préoccupations dllé des gens ont données sont fortes. Ne croyez pas (pie j aye eu une fierté nuisible, je n'ay eu que le procédé d'un homme qui r se sentant fort innocent, reçoit avec hauteur toutes les calomnies et y respond avec force : tous les juges sont contents de moy ; il n'y a que les seuls Besons et La Revoie qui ne le peuvent estre, parce que, comme ils sont les rapporteurs et les gens qui vouloient trouver des coupables, ils sont fort fâchés quand, au lieu de cela, ils trouvent des innocents; ce qui leur a encore déplu en moy, c'est que, quelques insinuations qu'on ait pu me faire , quelques terreurs qu'on ait voulu me donner, on n'a pu me contraindre à m'absenter, ce qui eust esté fort nuisible à mes amis et à mon honneur. Voilà, Monsieur, ce que je puis vous mander qui vous marque le plus ce que c'a esté que cette affaire ; la Gazette de Fiance n en dit rien du tout.

Je me suis aussy bien gardé de me faire une affaire de la conservation de ma pension entière, je ne l'ay seulement point voulu demander que tout cecy ne fust finy , et jay mis un petit mot de Testât de vos affaires, causé par nos services à tous. Mon placet a esté respondu bon pour 1 500 livres; ainsy voilà 1 500 livres de plus .fattendray cet hvver

DES FfiUQUIËUKS. 167

pour voir s'il se présentera quelque occasion favorable de demander. On vous informe mal quand on vous dit que le jeu me ruine1. Je pars incessamment pour les bains , je croyois mesme partir au jourd'huy , mais j'attends des nouvelles de Fontainebleau, où est mon oncle2, pour sçavoir si je partiray sans voir M. de Louvois, qui est de retour de Baresges, ou si j'iray à la cour pour cela.

Il ne faut point songer aux bons partis de la ville ; ils veulent compter et aiment beaucoup mieux un conseiller riche qu'un homme de qualité. J'avois eu sujet, depuis dix jours, de croire l'affaire du président3 faite; mais, entre vous et moy, MM. les princes n'en ont point bien agy dans le fond , avec pourtant de belles apparences extérieures; ainsy je crois mesme la chose rompue. Je me console aisément de tout ce qui me manque par le mariage, estant fort convaincu que , quelque grand qu'il soit , un honneste homme doit trembler lorsqu'il s'engage pour le reste de ses jours, et que c'est une cruelle condition que celle d'un homme marié lorsqu il ne trouve point une humeur douce. Enfin , Monsieur, sur cela je crois que vous ne me contraindrez pas ainsy, n'estant pas assez riche pour ne

1 Voir l'Introduction du t. IV, p. xxxiv et xxxv.

* M. l^bbé dfe Feuquières avait suivi la cour à Fontainebleau.

3 On ne trouve point ailleurs clans cette correspondance le nom du président dont parle ici M. le marquis de Pas. On voit qu'il s'agit d'un mariage manqué .

chercher dans une femme que sou esprit el son corps. Ne nie pressez sur rien jusqu'à ce que je trouve un partv dont l'extresme richesse puisse nie consoler des deffauts qu'il pourrait avoir. Je crois que voicy la dernière lettre que vous recevrez de moy de Paris, au moins escritte du jour du courrier.

DU MÊME ATT MEME

A Paris, le 1" juillet 1680.

Jerespons, Monsieur, à vostre lettre du 9 juin. M. de Luxembourg est toujours à Piney1, attendant fort tranquillement et comme un homme tel qu'il est, quelle sera l'issue de son affaire; son quartier commence aujourd'huy, et c'est M. de Duras qui continue ; cela n'est pas tout à fait mauvais qu'on n'ait rien décidé avant son quartier, mais aussy dans touteecy est-il bien difficile de faire un bon jugement. Quant à moy, quoiqu'on n'ait rien négligé pour me perdre et que l'acharnement de La Reynie ait esté outré, il n'a pourtant pas pu venir à bout de me faire du tort dans le monde, et plusieurs gens qui ne me cognoissoient que par mes ennemis, ont esté détrompés des caractères qu'on me donnoit et qu'on n'a pas trouvés en moy. Je ne sçais qui peut vous avoir mandé que ma conduite

1 Bourg situé en Champagne , près de Troyes , érigé en duché-pairie en faveur de M. le maréchal de Luxembourg.

n'avoit pas este bonne dans ma défense ; un homme innocent et calomnié peut avoir une conduite différente de celle d'un coupable suppliant, et, pour moy, j'ay paru devant ces messieurs comme un homme au-dessus de la calomnie, par la netteté et la tranquillité de mon intérieur. Ainsy, Monsieur, quoique je ne doute pas que La Reynie, qui est un fol enragé , ne donnast la moitié de son bien pour que je fusse coupable, il faut le laisser faire et, sans rien dire, ne se guère soucier de ce qu'il pourra faire, c'est là comme j'en a y usé jusques à cette heure, et souvenez-vous que je vous dis qu'il a par ses noirceurs calomnié et fait pousser trop d'honnestes gens pour qu'un jour on neluy sache pas fort mauvais gré des pas auxquels il a engagé des gens qui ne sont pas à s'en repentir.

J'ay pris congé du Roy et de Monseigneur de Louvois pour mon voyage de Baresges, pour lequel je partiray après demain malin. C'est à vous , Monsieur , à qui j'ay l'obligation de le pouvoir faire ; vostre secours m'a esté d'une utilité extresme et sans cela j'estois fort embarrassé, ayant esté obligé cet hyver à des choses que je ne pouvois me dispenser de faire en honneur. Je suis, Monsieur, pour vous comme je dois estre.

DE MADAME DE SAINT-CHAMOND A M. DE JOURMONT

A Séméac , le 8 juillet 1680.

Je ne puis croire, Monsieur, que, pour avoir changé de condition , vostre cœur ne soit toujours le mesme , et qu'il n'ait les mesmes inclinations à obliger et à bien faire qu il a toujours eues; j'ose me promettre dans cette vue que vous voudrez bien que je m adresse à vous pour une affaire où je prends un véritable intérest. Vous sçavez, Monsieur, que j'ay donné par contrat de mariage à ma nièce de La Vie 1 0 000 escusd1 argent comptant, que M. le comte de La Blache avoit à moy pour me les donner au premier ordre; ce bon gentilhomme, plein d'honneur et de probité, n'a pas manqué de compter cette somme à Lyon le 23e février à un nommé M. de Vaux, que l'on dit estre payeur des troupes, et personne très-solvable , pour qu'il la payast, à Paris, à Tordre de M. le premier président de Navarre, à qui j'en avois fait ma cession pour m'acquitter de ma parole, et qui a voulu quelle luy fust comptée à Paris. Ce M. de Vaux, après sistre fait demander assez souvent cet argent , est tombé malade , est enfin mort, et ses effets ont été saisis, à ce que Ton me mande, par le Roy. C est un coup plus sensible pour moy que je ne sçaurois vous le dire, non pas par la crainte de perdre cette somme , qui m'est tous-

jours fort assurée sur M. de La Blache, mais parle désagrément de voir M. le premier président inquiet sur l'inexécution d'une parole sur laquelle il fondoit, car je le puis dire avec beaucoup de raison , je n en ay jamais manqué à personne; cela, joint au retardement du payement des 1 0 000 escus de M. de Feuquières1, m'afflige au dernier point, et vous ne seau riez nous rendre à tous un service plus important et plus agréable qu'en employant vostre crédit et sçavoir-faire pour que mes 10 000 escus donnés par M. de La ïtfache à M. de Vaux se retrouvent le plus promptement qu il se pourra , et qu'estant reçus par M. le premier président il ne puisse pas s'imaginer qu'on ne luy ait promis que des feuilles de chesne , lorsque je luy ay donné ce que j'avois de plus sûr et de plus comptant, comme il n'a que trop paru. Cette affaire me tient autant à cœur que s'il y alloit de ma vie ; ainsy trouvez bon que je vous demande, Monsieur, d'agir dans cette affaire comme vous sçavez si bien faire dans toutes celles que vous entreprenez avec quelque chaleur; je vous en seray sensiblement obligée , et j'ose mesme espérer que M. de Louvois2 ne m'y sera pas contraire, si vous luy faites coniioistre la justice de ma cause , et combien je seray sensible aux

1 Ces 10 000 ëscus étaient une partie de la dot de Mademoiselle Catherine de Pas.

2 On a vu plus haut que M. de Tourrnont était alors au service de M. de Louvois.

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bontés qu'il aura pour moy en eette rencontre. .f attendray de vos nouvelles avec impatience, auss\ bien que les occasions de vous prouver mon estime et le désir que j'ay de vous rendre mes services.

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