DE MADAME DE POMPONNE A M. DE FEGQUIERES
A Paris, le 5 mars 1681.
J'ay reçu vostre lettre du 29 juin, où vous me répondez à une grande lettre. Vous devez en avoir reçu encore une plus grande, où je vous parle fort de toutes vos affaires. Celle-cy est pour vous témoigner la peine que je prends à vostre douleur d'apprendre en mesme temps lamort de madame d'Orthe et de M. son fils aisné. S'ils étoient morts tous deux
dans nostre religion, il y auroil lieu de se consoler; mais en vérité quelque sentiment qu'ils ayent fait paroistre dans la leur, Ion ne peut que Ion ne soit touché lorsque Ton y pense. Croyez , Monsieur, que personne n'est plus sensible à tout ce qui vous touche que moy. Je ne vous en diray pas davantage sur ce sujet.
Nous sommes plus près que vous, et nous ne scavons pas si l'on vous a accordé vostre congé; ainsy je ne puis dire si nous vous verrons bientost. Comme messieurs vos enfans sont tous à Paris et qu'ils me disent qu'ils vous mandent toute chose , je ne vous en'parleray pas.
Pour vos affaires , je vous diray que j'ay reçu les 17 000 liv. qui vous étoient dues de l'année passée ; dans le moment j'ay payé toutes les pensions , la lettre de change de 6 000 liv. , celle de 1 200 liv.; j'ai accepté celle de 6 000 liv., et payé à Marie Randon, sœur de vostre sommeiller, 600 liv. Enfin, par tous mes comptes, je ne puis avoir à vous que 1 5 à 1 800 livres. Vostre fils , le chevalier de Feuquières, qui est dans les Gardes, demande un extraordinaire pour un voyage qu'il va faire ; je pense luy donner 50 pistoles, dont il sera content; ainsy, vous n'avez rien à faire làdessus davantage.
Je ne vois point du tout M. vostre fils en estât de faire un voyage comme celuy de vous aller trouver ;
il souffre des maux de ses blessures , qui ne se peuvent comprendre , et il me le disoit encore ce matin ; ainsy ne faites pas vostre compte de le voir. 11 vous respond à l'égard des mesures que vous luy marquez ; je ne crois pas que Ion les puisse prendre justes de si loin, car il faut connoistre bien des choses qui sont changées depuis neuf années que vous estes party. Ainsy il faut attendre la réponse que Ion vous fera , et ce que Ion fera pour vous, afin de vous conduire, car Ton ne vous peut rien- dire de si loin.
. L'on m'a dit que l'on payoit plus d'une année à messieurs les conseillers d'Estat ; je crois que vous en pourriez dire un mot dans vostre despesche, et mander à M. de Croissy, en lui faisant voir combien il vous est dû d'années, que l'on vous feroit un grand plaisir de vous en faire payer plus d'une.
Je vois que c'est M. de La Vie le père qui presse le remboursement ; car, pour M. vostre gendre, il ne compte point du tout que vous le remboursiez, pourvu que vous luy payiez les intérests bien régulièrement ; c'est M. vostre fils qui me l'a dit. Dès aussitost que j'auray reçu vostre ordonnance, je ne manqueray pas de la luy faire tenir.
Adieu , Monsieur , je vous souhaite une parfaite santé.
Pour nouvelles d aujourd'huy, vous sçaurez que
22/i LETTRES INEDITES
M. d Omboisle , fils de M. d'Ormesson, qui avoit espousé Mademoiselle LeMaistre, veuve de M. Le Roy, est veuf; sa femme est morte en couche ; elle laisse trois enfans. M. de Tallart, fils de Madame de La Baume lest aussy; sa femme accouchée de deux enfants, est tombée en apoplexieet est morte ce matin.
DE M. DE FEUQUIÈRES A LOUIS XIV
A Stockholm , le 12 mars 1681. 4*
Sire, je n'ai pas reçu cette semaine l'honneur de vos commandements, à cause que l'ordinaire n'estoit pas arrivé à Hambourg. Le roy de Suède est allé plus loin que Conseure (Kongsor), chasser des ours1, et les reines, qui sont icy, ne l'attendent que dans huit jours. Il n'a avec lui qu'un secrétaire. M. de Konisgmark l'est allé trouver.
Il est arrivé icy un courrier extraordinaire du roy de Pologne , qui se nomme Bernig. Il m'a montré un pouvoir qu'il a de traitter plusieurs affaires. Il
1 Le roi de Suède , Charles XI , avait pour cette sorte de chasse nne passion que les périls semblaient augmenter en lui , loin de la diminuer. Le 8 janvier précédent , M. de Feuquières mandait à Louis XIV : « Le roy a couru un grand hasard contre un ours d'une « prodigieuse grandeur. Il l'avoit blessé légèrement d'un coup d'ar- « quebuse qui n'avoit fait que l'irriter. Il lui tira encore un coup du « pistolet qu'il avoit à sa ceinture. Et l'animal, s"étant. levé sur les « deux pieds , alloit commencer un combat fort inégal, sans deux « chiens qui arrivèrent. Ce prince étoit seul et à pied. » ( Aff. étr.)
ma rendu aussi une lettre de ce prince et une de MM. vos ambassadeurs, par lesquelles ils me le recommandent. Toutes ses affaires ne paroissent pourtant que la répétition de quelques sommes que le roy de Suède doit à des Polonois, du nombre desquels il prétend estre.
J'ai vu, Sire, M. Oxenstiern et tous les ministres qui sont en cette ville, tant suédois qu'estrangers, et n'ai rien du tout appris deux qui mérite que V. M. se donne la peine de l'entendre, ce qui me donne beaucoup de confusion de l'inutilité des services que j'essaye de lui rendre. Je suis, Sire, etc.
DU MÊME AU MÊME
A Stockholm , le 23 avril 1 681 .
Sire, le roy de Suède accorde 12 000 escus de rente d'augmentation à la reine Christine , deux années de la disposition de tout son revenu après sa mort , et un comptant de 60 000 escus en deux paiements, pour des dédommagemens. Avec quoi le marquis del Monte s'en retournera bientost fort satisfait.
La ratification du traitté de Hollande paroist plus éloignée que jamais. Les affaires de l'envoyé d'Angleterre n'avancent point. Celui de Pologne commence aujourdhuy ses conférences. Il demande des secours contre le Turc; et il dit que Vostre Mav. 15
jeslé s'est déclarée par ses ambassadeurs d'en vouloir donner un considérable, qu il ne spécifie pourtant pas. 11 demande aussi quelques liquidations de vieux comptes.
Le roy de Suède retournera dans peu de jours à Conseure. 11 parle de faire bientost un plus grand voyage, qui sera le long de la mer, depuis Calmar jusques en Norwège , et après dans les pays du Nord. Je me prépare , Sire, à le suivre, croyant que c est vostre volonté et vostre service, mais ce n'est pas sans difficulté, et j'avoue, Sire, que je n ai guères de satisfaction en Suède , depuis que vostre service ne me donne plus assez d'occupation pour m empescher de songer à mes affaires, lesquelles, après avoir esté fort gastées à Verdun , je trouve empirées de 50 000 escus par mon absence. Si cette vérité n'estoit un peu pressante, je supplie très-humblement Vostre Majesté de croire que je la supprimerois très-volontiers, et que je ne la meslei ois jamais avec celle de me dire, Sire, de Vostre Majesté, le très-humble, etc.
DE LOUIS XIV A M. DE FEUQL1ÈRES
A Versailles , le 15 mai 1681 .
Monsieur le marquis de Feuquières, comme j'ay trouvé juste la demande que vous m'avez faite de revenir auprès de moy, après les longs et agréa-
blés services que vous m'avez rendus à la cour où vous estes , et que je feray partir dans peu de temps celuy qui doit vous succéder , il ne sera pas nécessaire que vous vous prépariez au voyage que le roy de Suède a dessein de faire , et il suffira que vous attendiez au lieu où vous estes celuy que jhonoreray de vostre employ.
Sur ce, je prie Dieu, etc.
DE M. LE COMTE DE RÉBENAC A M. DE FEUQUIERES
A Berlin, le 28 mai 1681.
Nous sommes aussi embarrassés d'un méchant petit voyage que nous allons faire que si nous avions une longue campagne à essuyer. M. l'Électeur luymesme est incertain s'il ira à Pyremont, si de là il ira à ClèveSj s'il reviendra sur ses pas; enfin personne n'y peut rien comprendre, ni luy non plus. Cependant on ne trouve pas un chariot de louage , et il faut avoir le plaisir d acbepter tous ses chevaux comme à la guerre. Je n'en suis pas peu embarrassé, aux secours que je tire de France, dont assurément je ne puis me vanter de voir arriver un sol; il est vray que, faute de ressources, je me suis mis à jouer ces jours-cy? et jay gagné 1 200 escus qui m'aident beaucoup et me feront sortir de Berlin. Si à cela je pouvois joindre de quoy subsister , je serois bien, attendant le boiteux.
Les Polonois nous veulent donner de 1 inquiétude et menacent de guerre. Je crois pourtant que c'est une alarme qu'on prend sans fondement. Il y a icy un envoyé de Danemark qui est M. de Boukvald; il prend le parly de tous les ministres de Danemark , qui est de parler beaucoup sans entrer en rien, faute d'ordre, et pour faire la guerre à l'œil. On dit qu'on vous donne M. de Vilars pour successeur; je suis du moins bien aise que ce ne soit pas moy.
DU MÊME AU MÊME
A Berlin, mai 1681.
Il est malaisé que je vous fasse une description bien juste des affaires d'Allemagne, parce qu'elles consistent en négociations secrètes et que je ne suis pas , comme vous sçavez, dans le conseil du roy ; mais, pour obéir à vos ordres, je vous en feray le plan selon mes petites lumières et vous donneray part de la cognoissance que j'en puis avoir.
L'Empire paroist divisé en trois intérests différents. Tous ont des vues particulières, mais tous se servent du mesme prétexte , c'est la conservation du repos public ; les seuls moyens d'en establir la sûreté font la différence qui se trouve aujourd'huy entre ces intérests et les chefs de ces intérests. Le roy a son party et 1 Empereur le sien. Il y en a un autre qui, sans se déclarer partial ni mesme se dé-
DES FEUQUIERES. 229
couvrir, penche vers celuy à qui il croit le plus de bonne foy et le moins d'envie de recommencer la guerre. Tout cela néantmoins se gouverne encore par des ressorts secrets , et personne jusques icy n'a fait paroistre ses véritables sentiments par des démarches publiques. Il faut, avant d'entrer dans le détail, vous dire en peu de mots ce qui fait agir les esprits et quelles sont les raisons de part et d'autre.
L'Empereur a suivy la maxime ordinaire de sa maison, et, se croyant dans la dernière guerre audessus des affaires, a profité de sa puissance, delà foiblesse et de la désunion des princes pour establir une authorité absolue; il a opprimé les foibles, et les a donnés en proye aux plus forts , qu'il amorçoit par de petites contributions et quartiers dans le temps qu'il les ruinoit effectivement par une guerre infructueuse sur le Rhin et contre la Suède. Le peu de conduite de ses ministres et la fierté avec laquelle il en usoit dans les occasions ont ouvert les yeux aux intéressés, et, pour éviter une ruine infaillible, de part et d'autre les esprits se sont tout d'un coup déterminés à la paix, c'est ce qui a formé les traittés de Nimègue et autres lieux. Mais la jalousie qu'on avoit conçue des desseins de l'Empereur subsistoit encore, ei tout se jettoit entre les bras de la France. Lorsque le Roy a voulu qu'on lui fist justice sur ses prétentions en Alsace, il ne s'est pas accommodé
des chicanes qu'on luy fait sur ce point depuis le traittéde Munster, et a jugé delà raison et de sa dignité de se mettre en possession de ce qui luy appartenoit si légitimement1. Comme cette possession n a pu se prendre sans violence, qu'il a fallu des troupes, entrer dans les terres de ceux qui s'y opposoient, et qu'on a vu mesme que les prétentions du Roy n'estoient pas bornées et pouvoient s'estendre à des pays entiers, les princes de l'Empire ont eu de l'inquiétude et ensuitte en ont conçu une véritable jalousie. L'Empereur en a profité et l'a augmentée encore par ses émissaires dans toutes les cours d'Allemagne; il a proposé la levée d'un corps pour la sûreté de la paix et la conservation des limites ; il y mesloit des mots captieux de dignité de l'Empire,, et autres propres à luy donner la disposition entière de ce corps. C'est ce qui fait encore la grande affaire de la Diette. Le Roy a voulu donner une preuve convaincante de sa modération, en soubmettant ses intérests à ce qui seroit décidé dans une conférence de commissaires de part et d'autre, et s'est engagé cependant à surseoir à ses exécutions. L'Empereur a fait naistre plusieurs difficultés sur le lieu et les préliminaires de cette conférence dans le temps qu'il a porté les esprits de la Diette à consentir à l'armement. On en est là dessus. Le collège des villes consent à la levée de 30000hom-
1 Voir la note de la page 272.
mes; il y a des princes qui en veulent 60 000; les électeurs sont plus modérés et ne se déterminent pas encore; on y joint beaucoup de restrictions et de mesures contre le mauvais usage qu'on en pourroit faire. Il y a bien de l'apparence que 1 exécution recevra de grands obstacles, mais il y en a aussy qu'on les surmontera petit à petit, et que ce sera toujours un corps plus ou moins fort, mais du moins contre nos intérests.
11 y a des princes puissants par eux-mesmes qui s'opposent de bonne foy à un armement qui rend les plus foibles esgaux à eux; ceux-là ne peuvent point s'opposer à la pluralité des voix , se réservant pour l'exécution des moyens qu'on proposera \ mais il sera facile de les satisfaire par des avantages particuliers, soit par le commandement de ces troupes ou autres qui seront à leur bienséance; si bien que, sans entrer dans tous les raisonnements qu'on fait pour persuader l'inutilité de cet armement, je crois, entre vous et moy, que c^est une affaire d'une très-dangereuse conséquence pour nous. Elle peut, dans les irrésolutions, estre contraire aux entreprises de l'Empereur, mais celuy-cy y trouvera ses avantages.
Il me reste, ce me semble, à vous nommer les princes qui paroissent les plus déterminés à un party. Le Roy compte sur M. de Brandebourg, sur le duc deZelletWolfenbuttel, l'évesque de Munster,
l'électeur de Cologne. Il devoit compter sur Bavière , mais je ne crois pas ce dernier si sûr, qu'il ne se laisse éblouir par le commandement d'une des armées de l'Empire et par d'autres vues inspirées par son conseil entièrement autrichien. On peut compter encore sur le mécontentement des sujets des Pays héréditaires, ils sont portés à la révolté et il n'y a pas un seul Estât qui n'ait ses députés en différentes cours , ce que vous pouvez croire sur ma parole. L'Empereur compte sur la grande jalousie qu'on a de la France, sur la pluralité des voix à la Diette, sur sonaulhorité à faire exécuter les résolutions et en particulier sur Saxe, Trêves, Palatin, Wirtzbourg, Saltzbourg, enfin presque toutes les voix ecclésiastiques et petits princes enclavés ou voisins de ses Estats. 11 compte encore sur toutes les puissances de l'Europe, du moins croit-il estre assuré de leurs souhaits contre la France. A cela il faut diminuer quelque chose. Premièrement Saxe , sur qui il compte absolument , n'est pas si sûr qu'il se l'imagine, et je le crois plustost dans le party neutre , dont il faut dire quelque chose pour finir le petit plan que jay entrepris. Il paroist composé de l'électeur de Mayence , de Wurtemberg, de Munster, si on le laisse suivre son inclination , et d'une infinité d'autres , lorsqu'ils verront de la sûreté à s'y attacher ; je crois mesme que c'est le plus fort, à moins que les avantages particuliers n'en retirent beaucoup de membres. Les
Hollandois sous main favorisent ce party, quoyqu'ils souhaitent l'armement de l'Empire, comme une bride aux entreprises de l'un et de l'autre. Je ne parle point des couronnes du Nord, parce que c'est à vous d'en respondre ; ce que je puis seulement vous en dire est que je ne les démesle pas , peutestre à cause qu'elles sont prudentes et cachées , ou peut-estre parce qu'elles ne sont encore déterminées à rien ; mais leurs démarches publiques et secrettes changent si souvent , qu'il est impossible de juger de leur véritable pensée. Je sçais du moins que les Danois font force propositions contre la Suède, et, quand on veut les approfondir, ils biaisent et ne concluent rien ; la politique n'en est pas bonne, puisqu'elle est reconnue, et qu'ils ne découvrent rien , parce qu'on est en garde.
On peut joindre à tous ces partis un nombre de princes qui croyent demeurer neutres , non pas pour conserver la paix, mais pour profiter du besoin que l'un et l'autre auront d'eux , se faire donner de bons quartiers et s'attirer insensiblement l'arbitrage des différends. Le duc de Hanovre est le seul qui jusques icy se découvre dans cette pensée ; il espère y joindre le reste de sa maison; mais c'est un party qui, n ayant aucun avantage présent et estant exposé comme il lest aux événements qui décideront d un costé ou de 1 autre, n'a pas beaucoup de partisans ; il se soustient néanmoins , et
23/i LETTRES INÉDITES
plus on le recherche, plus il se confirme; la suitte apparemment le pourra désahuser, aussy bien que moy qui escris trop longtemps sur une matière dont je nay que des cognoissances bien confuses et qui, hors certains points dont je puis parler avec certitude, ne parle des autres que sur des conjectures incertaines; j'espère aussy qu'après les avoir lues tout seul, vous voudrez bien leur faire l'honneur de les jetter au feu, parce qu ils ne sont bonsqu à estre bruslés.
DE M. DE MARTANGIS A M. DE FEUQUIERES.
A Copenhague, le 9 juin 168t.
Le long temps qu'il y a que je n'ay receu de vos nouvelles me donne sujet de me plaindre que vous m'ayez oublié. Il est vray, Monsieur, que le voyage de Gottembourg a un peu interrompu nostre commerce. Je nay pourtant pas laisse de vous informer du peu de chose que Ton y a fait. Vous voyez que les grands desseins du Danemark ont abouty à une petite forteresse que le roy de Danemark fait faire sur le Veser, où nous devons retourner dans un mois, après avoir visité toute la cavalerie danoise.
On se plaint un peu icy de ce que les ministres de Suède qui sont en France appuyent fortement la prétention que le duc de Gottorp a de fortifier une place dans son pays, J'ay vu en repassant ce
bon prince à qui le Roy a la bonté de continuer sa protection.
Je sçais, Monsieur, que vous pressez vostre retour ; mais comme il n'y a point encore de successeur nommé, j'espère que vous ne passerez à Copenhague qu'à mon retour d'Oldembourg et que vous aurez la bonté de vous rafraiscbir , je vous le demande en grâce.
Trouvez bon, je vous supplie, que j'assure icy MM. de La Picquetière et Le Vasseur de mes services.
J'ay trouvé le bon homme Bidai et sa femme en grande inquiétude dune querelle qu'on leur a dit que le baron a avec un homme de la cour de Suède, qui se nomme, si je ne me trompe, Spaar, et qui est dans les Gardes du roy. On dit mesme qu'il y a eu desjà quelques paroles portées. Si vous pouvez, Monsieur, assoupir ou accommoder cette affaire, vous obligeriez sensiblement toute cette famille que vous connoissez fort officieuse.