DES
DE MADAME DE* SAINT-CHAMOM) ' A M. DE FEUQUIÈRES
A Bayonne, le 11 novembre 1679.
Vous ne devez pas douter que la nouvelle de vostre maladie ne niait donné une grande inquiétude , et que la lettre que jay reçue de vous, où il y a quelques lignes de vostre main, ne m'ait causé une grande joye , n en attendant plus en cette vie que celle de vous voir et de vous entretenir. Le bon Dieu m'a fait la grâce de me donner celle de voir vostre fille bien establie2, et si contente et si heureuse, qu on na rien vu de pareil; enfin, cette fille si modeste, si sage et si sérieuse ne sçauroit vivre sans son mary et sans une continuelle caresse, ce qui nous surprend si fort, que nous croyons tou-
' Suzanne-Charlotte de Gramont, belle-sœur de M. de Feuquières.
2 Mademoiselle Catherine de Pas venail d'épouser M. de La Vie, à qui elle était promise depuis plusieurs années. (Voir t. ITT. et TV, pnssim. )
jours qu'on nous la bÈàfegéë éfi ii'iiinice. Son mai y n'a pas moins de passion pour clic , ne se souvenant plus de toutes celles «pi il a eues , que pour les sacrifier à sa femme. La reine d'Espagne1 la fort bien traitée, et luy donna la veille de son départ un habit de chasse dont on lu\ dit qu'elle avoit envie. Il faut, malgré la fièvre et un rhume espouvantable que j ay gagné à la frontière, connue générallement tout le monde, que je vous rende compte de mon >oyage avec cette reine. Je reçus donc une de ses lettres le mesme jour des nopces de vostre fille , qui me demandoit daller au devant d'elle par delà Bordeaux, si je le pouvois ; mais, comme le temps et ma santé ne pouvoient me le permettre , je fus au Mont de Marsan, où, estant arrivée trois ou quatre jours ensuite, elle me fit tous les bons traitements et me donna toutes les marques d amitié que je pouvois espérer et dont elle est capable2; la princesse d'Harcourt8,
1 Marie-Louise d'Orléans, épouse de Charles II, roi d'Espagne. Madame de La Vie était allée, comme on le voit par la suite de cette lettre , avec Madame de Saint-Chamond , sa tante , à la rencontre de cette princesse, qui se rendait à Madrid, et elle l'avait accompagnée jusqu'à la frontière.
1 « La reine d'Espagne a fait mille tendresses a Madame deSaint- « Chamond en passant pays. »
(Madame de SiviGKÉ , Lettre du s novembre lofv.
3 Françoise fle Brancas, mariée enlGGT à Alphonse-Henri-Cliarle* dé Lorraine, prince d'Harcourt. Son père était le comte de Branca», peint par La Bruyère sous le nom de Ménalque , comme le Upe de l'homme distrait. Cette princesse n'était pas regardée dans le monde
DES FEUQIJIÈRES. 3
Madame de Grancey1 et toute sa cour en oui Fait de mèsme. Pour la maréchalle de Glérembaut2, je là salliay, et tout se passa en révérences ; quoique nous ayons marché cinq jouis de suite au devant du carrosse de la reine. Si nous estions teste à teste , je vous dirois le nombre de réflexions que cette femme ma fait faire; il faut se contenter présentement de vous dire que le plus grand meurtre
comme une femme d'esprit : « Quel plaisir, écrivait Madame de Se vice gné à sa fille, prenez-vous à dire du mal de votre esprit, de votre « style , à vous comparer à la princesse dTIarcourt? Où péchez-vous « cette fausse et offensante humilité ? »
1 Louise-Elisabeth Rouxel ; daine de Grancey , sœur cadette de Marie-Louise Rouxel, comtesse de Marei. On les appelait les Anges. Madame de Grancey passait pour avoir été la maîtresse de Monsieur, frère du Roi.
2 Louise-Françoise Le Bouthillier de Chavigny, femme de Philippe de Clérembaitlt, maréchal de France. Devenue veuve en 1665, elle fut nommée gouvernante des enfants de Monsieur , en remplacement de Madame de Saint-Chamond ; de cette époque datait probablement l'inimitié dont parle celle-ci. Madame de Clérembault s'en attira d'autres plus redoutables, car, lorsqu'elle revenait de conduire la reine d'Espagne , elle eut ordre de demeurer à Poitiers : « Toutes « les dames s'en retournent , dit Madame de Sévigné 5 on épargne une « partie du chemina la maréchale, en la priant absolument de demeu- « rer à Poitiers où elle avoit été prise. Voilà un aussi furieux dégoût « qu'on en puisse recevoir. Elle a grand besoin de son mépris envers « le genre humain pour soutenir cette disgrâce.» Cependant la maréchale ne tarda pas à revenir à la cour. El!e mourut à l'âge de quatrevingt-neuf ans. « Elle étoit, dit Saint-Simon , d'excellente et de très- « plaisante compagnie) pleine de traits et de sel qui couloient de « source, sans faire semblant d'y toucher et sans aucune affectation. « Avare au dernier point, et aimant passionnément le jeu.»
qu'on ait jamais fail esl <l<> n'avoir pas remis cette pauvre princesse entre les mains d une personne cjui eust bien voulu prendre la peine uV lu\ dire ce qu'elle devo.it (aire et pour elle et pour autruy1. L estai où je suis, mon cher frère, m'empcschera de vous en dire davantage; je suis icy toute seule, Monsieur de Feuquières2 et Madame de Rébenac estant partis depuis deux jours pour s en retourner en Béarn, aussy bien que Monsieur et Madame de la Vie,àqui j'ay donné mon équipage pour cela, et j'attends de pouvoir trouver un jour où je puisse partir, sans me risquer absolument.
DE M. DE TOUmiOJYT A. M. DE FEUQUIERES.
A Saint-Germain , novembre 1679.
Quel malheur, Monsieur, que la disgrâce de M. de Pomponne3! Je comprends la douleur que
' Voir la note 2 de la lettre de M. de Pomponne à M. de Feuquières, du 11 août 1679, t. IV, p. 435.
2 M. le marquis Antoine de Pas. On le nommait quelquefois, par anticipation, marquis de Feuquières : étant l'aîné de la famille, il devait porter et porta ce nom après la mort de son père.
3 a M. de Pomponne est disgracié ! Il eut ordre samedi au soir ( 1 8 novembre ) , comme il revenoit de Pomponne , de se défaire de sa charge. Ce fut M. Colbert qui loi lit ce compliment, en l'assurant qu'il étoit au désespoir d'être obligé , etc. M. de Pomponne demanda s'il ne pourroit point avoir l'honneur de parler au Roi , et apprendre de sa bouche quelle étoit la faute qui lui avoit attiré ce coup de tonnerre : on lui dit qu'il ne le pouvoit pas; en sorte qu'il écrivit au Roi pour lui marquer son extrême douleur, et l'ignorance où il étoit de ce qui pouvoit avoir contribué à sa disgrâce : il lui parla de sa nom»
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vous ressentirez de cette nouvelle , et en vérité elle sera bien juste , puisque vous y perdez autant que luy.
L'on m'a ordonné de continuer à servir dans mon département1.
Je suis , avec tout le respect que je dois , Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
breuse famille, et le supplia d'avoir égard à huit enfants qu'il avoit. Il fît remettre aussitôt ses chevaux au carrosse et revint à Paris où il arriva à minuit. Nous avions été le vendredi à Pomponne, M. de Chaulnes, Caumartin et moi : nous le trouvâmes et les dames, qui noua reçurent fort gaiement. On causa tout le soir, on joua aux échecs. Ah ! quel échec et mat on lui préparoit à Saint-Germain ! Il y alla dès le lendemain matin , parce qu'un courrier l'attendoit , de sorte que M. Colbert, qui croyoit le trouver le samedi au soir à l'ordinaire, sachant qu'il étoit allé droit à Saint-Germain , retourna sur ses pas et pensa crever ses chevaux. Dieu ! quel changement! quel retranchement ! quelle économie dans cette maison ! huit enfants , n'avoir pas eu le temps d'obtenir la moindre grâce ! Ils doivent 30 000 livres de rente ; voyez ce qui leur restera ; ils vont se réduire tristement à Pari», à Pomponne. On dit que tant de voyages, et quelquefois des courriers qui attendoient , même celui de Bavière qui étoit arrivé le vendredi , ont un peu attiré ce malheur. Mais vous comprendrez aisément les conduites de la Providence, quand vous saurez que c'est M. le président Colbert ( Colbert de Croissr) , qui a la charge; comme il est en Bavière, son frère la fait en attendant. »
( Madame de Sévigjxé , Lettre du 22 novembre 1679 , passim.) 1 Le département des Affaires étrangères, où M. de Tourmont était commis sous M. de Pomponne.
LETTRES IMODIfKS
DE M. BIFIK1 ! \ M. DE FE1 Ql Il RES.
A Raru, l< -21 Bovemkve 1679.
Je m estois proposé, Monsieur, de me réjeun avec vous par cet ordinaire du mariage de Mademoiselle votre fille , et de vous tesmoigner la joye que j'av d'apprendre tousjours quelque chose d'avantageux pour votre famille; mais je vous assure que le malheur de Monsieur de Pomponne me touche si fort, que j'ay oublié tout ce qui me peut avoir causé quelque joye; et, comme je suis persuadé que vous y prendrez autant de part que personne, je crois qu'il sera plus nécessaire de vous consoler d'un malheur si peu attendu que de vous faire des compliments d'une affaire qui ne pouvoit manquer à une fille de M. de Feuquières. Pour toute consolation, je vous diray seulement que M. de Pomponne est plaint généralement de tous leshomiestes gens, et que sa disgrâce n'est meslée d'aucune action qui soit indigne de luy. Que les uns ayent plus que les autres le bonheur de plaire, c'est une chose qui n'est point daujourd huy,et ce nestpasà moy de m'alarmer là-dessus. Le Roy votre maistre luy fait donner 700 000 livres et 20 000 livres de pension, ce qui marque assez le contentement qu'il a eu de son ser-
' Ambassadeur de Suède en France.
vice 1 ; je sçais bien que vous sçaurez cette particularité d'ailleurs, mais j ay cru vous la devoir mander aussy, afin que vous en soyez d'autant plus persuadé. Je ne vous dis rien de la perte que fait le roy mon maistre en ce changement, il est assez aisé de juger de la différence qu'il y a d'avoir à négocier avec un homme qui a quelque considération pour une nation ou avec un qui a Un mépris extraordinaire, comme on me le veut persuader. Ce qui me console, c est que le Roy vostre maistre soit luy-même si bien instruit de ses intérests et qu'il ait témoigné tant de bonté et de considération pour le roy mon maistre, que je ne sçaurois douter de la continuation, quelque soin qu'on puisse prendre à luy faire changer desentiments. Cependant vous sçavez aussy bien que personne au monde ce que c'est que de s adresser à un homme qui est bien intentionné pour vous ou d'estre obligé d'en solliciter un qui fait tout malgré qu'il en ait. Quand jauray l'honneur de vous voir, je vous diray mes pensées plus ouvertement; vous me faites l'honneur de me mander que ce pourroit estre bientost, et je l'espère, puisque je ne vois plus de régiment qu'on me pourroit oster2; quand il y
i Ces chiffres sont entièrement conformes à ceux qu'qn trouve dans Madame de Sévigné.
2 M. Bielke se plaint ici , sans le nommer, du ministre Guldenstiern, qui jouissait alors d'un grand crédit en Suède, et qui lui avait fait perdre la charge de colonel d'un régiment suédois.
en auroit, je m'en déferois d aussy bon cœur que de toutes les charges que je pourrois avoir en Suède. Qu'on est bienheureux de servir un roy comme le vostre, qui ne se laisse point gouverner par un homme qui se mesle de tout et se laisse duper sans cesse ! je maudis mille fois par jour de n'avoir point employé mon temps à servir en ce pays-cy, où je pouvois espérer qu'après avoir fait connoistre mon zèle et ma passion pour le service , on auroit au moins fait quelque distinction de moy et d'un qui n'en auroit jamais eu. Le régiment qu'on conserve encore icy pour Monsieur de Ronigsmark ' fait assez voir comme les personnes qu'on croit bien passionnées pour le service sont traittées.
J'espère avoir l'honneur de voir Monsieur le marquis votre fils au premier jour, du moins me l'a-t-on fait espérer. Pour Monsieur vostre frère2 il est chez ses moines, d'où il ne reviendra de longtemps, à ce que m'a dit Monsieur le duc de Chaulnes. Le fils de Monsieur de Marsillac, duc de la Roche-Guy on3 se
1 M. le comte de Konigsmark , Suédois, qui avait servi en France, y avait conservé un régiment , quoiqu'il fut retourné en Suède pour commander un corps d'armée A cet le époque, plusieurs Suédois de distinction venaient prendre du service en France.
2 M. l'abbé de Feuquières était alors dans son abbaye du Rele c en Bretagne, et il se trouvait sans doute en relation avec M. le duc de Chaulnes , quand celui-ci séjournait dans ses terres , situées dans cette province.
3 François de La Rochefoucauld , duc de La Roche Guy on , fils du prince de Marsillac, et petit-lils du duc de La Rochefoucauld , le célèbre auteur des Maximes.
marie aujourdhuy avec la fille1 de Monsieur de Louvois, après avoir pris hier possession de ses deux charges de grand-veneur et de grand-maistre de la garde-robe, lesquelles luy ont été données en survivance de Monsieur son père , aussy bien que la qualité de duc, quoyque le père et le grand-père soient en vie; je vous mande cette nouvelle afin que fassiez réflexion combien on est heureux, quand on a les bonnes grâces de son maistre , et qu'en estre privé est le commencement de tous les malheurs. Je suis à vous, Monsieur, autant que j'ay jamais été à personne, et vous supplie d1 estre persuadé que je suis très-passionnément votre serviteur.
1 Madeleine-Charlotte Le Tellier de Louvois. — « J'ai été, mandait « Madame de Sévigné à sa fille, à cette noce de Mademoiselle de Lou- « vois ; que vous dirai-je ? magnificence, illumination , toute la France, « habits rebattus et rebrochés d'or, pierreries , brasiers de feu et de « fleurs, embarras de carrosses, cris dans la rue , flambeaux allumés, « reculements et gens roués ; enfin le tourbillon , la dissipation , les « demandes sans réponses, les compliments sans savoir ce qu'on dit, « les civilités sans savoir à qui l'on parle , les pieds entortillés dans les « queues. O van itcdes vanités /... Ils avoient fait revenir le printemps, « tout étoit plein d'orangers fleuris et de fleurs dans des caisses. Ce- « pendant cette balance qui penche présentement si pesamment de u l'autre côté avoitjeté un air de tristesse qui tempéroit un peu la joie « dont l'excès auroit été un peu trop marqué sans ce crêpe.» — Pour comprendre ce dernier passage, il faut savoir que Louvois était regardé comme ayant < ontribué à la disgrâce de M. de Pomponne , dans l'espérance que sa charge serait donnée à M. de Courtin , son ami et sa créature; mais Colbert avait pris les devants et l'avait fait donner a son frère.
DEM. l.K COMTF M l;ll;J\\< V M. DF. POMPONNE.
A Hambourg , le 2H novembre 1679.
Monseigneur, je suis encore bien estourdy de ce que je viens d'apprendre. Je plains l'Estat et ne vous plains pas, vous estes au-dessus de la fortune par la force de vostre raison et de vostre esprit1. Mais, Monseigneur J'entre dans la douleur que vous aurez de l'affliction de vos serviteurs et de vos amis. Je crois estre un de ceux qui auront le plus de sujet de regretter vostre protection ; mais je ne suis pas à plaindre. Mon intërest ne me touche en rien ; et je vous avoue que jay esté estourdy sans, estre abattu de ce coup. Je suis dans une indifférence si grande sur la continuation des emplois, qui ne dépendront plijs de vous, que rien ne peut me surprendre, et j attendray patiemment tout ce qu'on voudra faire de moy. De quelque manière que ma fortune se tourne , je n'en tiendray ce qu'elle aura de bon que de vpus, Monseigneur, et de vostre protection: et toute ma vie je vous regarderay avec la reconnoissance que je vous dois.
1 « M. de Pomponne est plus capable que personne de soutenir ce « malheur avec courge. aYÇc résignation et beaucoup de christianisme.
« Quand d'ailleurs on a use corrnne lui de la fortune, on nemanqu. « pas d'être plaint dans l'adversité. » (Madame de Sévigne.)
J' envoyé le sieur de Beyrie avec le traitté que le Roy a souhaitté qui se fist avec M. le duc de Zell; je ne sçais point comment il sera reçu ; comme on ne me pourra jamais reprocher ni manque de soins ni manque de fidélité, j'en attends le succès ayeç la patience que doit avoir un homme qui vient 4e voir en vous un effet si bizarre de la fortune : elle ne m'empeschera jamais de conserver pour vous un véritable respect et destre route ma yie, Monseigneur, etc.
DE LOUIS XIV A. Al. DE FEUQUIERES.
A Saint-Germain-en-Laye , le 7 décembre 1G79.
Monsieur le marquis de Feuquières , vos lettres du 17 du mois passé m'apprennent les instances que Guldenstiern et le baron Juell vous ont faites d'entrer en traitté avec les couronnes de Suède et de Danemark au lieu où vous estes, et les articles de ce traitté qui vous ont été proposés. Mais, soit que je demeure dans la résolution que jay prise de ne traitter quicy avec les ambassadeurs de ces deux couronnes , soit que je change , il est tousjours nécessaire que je sois informé non seulement des traittés d alliance qu'ils ont faits entre eux, mais aussy des articles secrets, parce que, encore qu'il ne paroisse pas par les articles que Guldenstiern vous a proposés qu'il y en ait aucun qui puisse m'engager
dans une querelle qu'ils pourraient avoir dessein de faire aux Hollandois sur le sujet du commerce, il n'est pas de mes avantages ni d'entrer a\ ec ces couronnes dans aucune condition qui regarde ce point, ni de le leur refuser, si la négociation estoit commencée, et ainsy je désire que, sans vous déclarer de mes intentions sur le lieu du traitté , vous demandiez à l'un ou à l'autre communication des articles secrets, au cas qu'il y en ait, en leur tesmoignant que je ne puis délibérer sur aucune alliance avec eux, que je ne sois informé de toutes les conditions des traittés qu'ils ont faits ensemble, dont ils pourroient, dans lasuitte, me demander la garantie.
J'attendray doncvostre response à cette dépesche avant que de vous faire sçavoir mes intentions sur ce point, et vous pouvez tousjours assurer le roy de Suède , son ministre et les ambassadeurs de Danemark, que je suis tousjours fort disposé à m unir avec eux plus estroitement , soit en renouvellant les anciens traittés, soit en traittant de nouveau et y adjoustant tout ce qui sera estimé estre de nos avantages communs.
Informez-vous particulièrement de quelle sorte sont traittés les Hollandois dans leur commerce, et si les traittés d Elbing et les élucidations s'exécutent à leur esgard.
Continuez tousjours de me faire sçavoir ce qui se passe à r esgard du mariage du roy de Suède, de
Testât auquel est Guldenstiern auprès de luy, de la conduite du sénat à l'esgard de l'un et de l'autre, et de ses sentiments sur le sujet de mon alliance.
J'attends les ratifications des traittés que j'ay faits entre la Suède et le Danemark, et les autres.
Vous apprendrez par vostre fils les ordres que je luy ay donnés de partir pour se rendre auprès de l'électeur de Brandebourg, et quoyquil laisse la négociation pour le duc de Gottorp au sieur de Martangis1, qui est party, il y a sixjours, pour se rendre en poste auprès du roy de Danemark , continuez de presser le roy de Suède de donner des ordres à ses ministres en cette cour de joindre ses instances à celles qui sont faittes en mon nom pour le restablissement entier de ce duc. Sur ce, etc.
DE M. DE FEUQUIÈRES A LOUIS XIV
A Lunden , le 8 décembre 1679.
Sire, vos volontés m estant toujours sacrées, j adresserai désormais mes dépesches à M. Colbert et lui donnerai uniquement connoissance des affaires que Vostre Majesté me fera l'honneur de commettre à mes soins, la suppliant très-humblement de s'assurer
* Hyacinthe-Guillaume Foullé de Martangis , conseiller au parlement de Metz, maître des requêtes, ambassadeur en Danemark et autres cours du Nord , grand bailli du Nivernais et gouverneur de Saint-Pierre-le-Moûtier.
14 LK'linis INKDIJls
que je lui obéirai toute ma v'u avec autant de ponctualité qu il nie sera possible. Je suis, Sue, de Vostre Majesté le U,es-humblè, t'rês-ôbéissahf et
très-fidèle serviteur et sujet.
DU MlblL A M. COLBrilT. *
A Lunden, le tt décembre 1679.
Monsieur, j'ai vu par Tordre du Roy du 20 novembre et par la lettre1 du 24 en suivant, dont vous m'avez honoré, que la volonté de Sa Majesté est que je m'adresse désormais à vous pour le compte que je dois rendre des affaires de Suède; j'y obéirai, Monsieur, sans peine et avec le plus de régularité qu il me sera possible. J espéré de vous la mêsme bonté qu'avoit 31. de Pomponne de m avertir de mes fautes et de les excuser auprès du Roy, ayant grande envie de me corriger et ne doutant pas que je n'aie besoin de l'indulgence de Sa Majesté et de la vostre. Je vous demande cette grâce, Monsieur, et vous supplie de me faire 1 honneur de me croire vostre très-humble et très-obéissant serviteur.
1 (les deux lettres ne se trouvent ni aux Archives des affaires étran-
• s , ni dans lu collection de Madame la duches.se Decazès.
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